À l'étranger, Analyse, D1 féminine

Records d’affluence : La France en retard

Un record d’affluence a été établi en France à l’occasion du choc de la 20e journée entre l’Olympique Lyonnais et le Paris Saint-Germain. 25 907 spectateurs ont assisté à la démonstration des championnes de France. Beaucoup et si peu à la fois. Explications.

À l’occasion du choc de la D1 entre Lyon et le PSG au Groupama Stadium le 13 avril 2019, le vieux record d’affluence en D1 datant de 2011 pour la rencontre entre Guingamp et Lyon au stade de Roudourou a été largement battu avec 25 907 personnes (12.263 spectateurs étaient venus à l’époque). Pourtant, les raisons de s’en réjouir sont minces. Il apparaît déjà étrange d’avoir dû attendre si longtemps pour voir le record tomber. Ensuite cela ne surprend pas de voir le record tomber pour une telle affiche, qui était tout de même une véritable finale du championnat. Mais surtout, la marque affichée ne semble finalement pas si haute. Certes une semaine après, le 21 avril, pour la demi-finale aller de Ligue des Champions, 22 911 spectateurs ont assisté à la victoire 2-1 de l’Olympique Lyonnais face à Chelsea. Ce qui fait deux belles affluences à la suite. Mais en Europe occidentale, la France semble en retard. Presque inquiétant en cette année de mondial à domicile…

En cette année 2019, les records tombent l’un après l’autre. Une excellente nouvelle pour le football féminin. Ainsi, au Portugal le 30 mars, 15 204 spectateurs ont assisté à une rencontre très symbolique entre Benfica et le Sporting et dont les bénéfices étaient reversés aux victimes de la tempête au Mozambique.

En Italie, une semaine auparavant, le 24 mars, 39 000 supporters s’étaient rendus au stade pour voir Juventus Turin – Fiorentina. Un Allianz Stadium magnifiquement rempli par des supporters divers qui ont tous bénéficié de cette opération spéciale voulue par le club : les places pour ce match étaient gratuites. Et la com assurée par tous les membres du club turinois, dont les joueurs de l’équipe masculine !

En Angleterre, la finale de la Coupe cette année, qui s’est déroulée le samedi 4 mai 2019, a opposé Manchester City à West Ham…à Wembley, devant 43 000 spectateurs ! L’an passé déjà, 45 000 personnes s’étaient retrouvées à Wembley pour une véritable fête du football outre-manche.

Enfin, impossible de ne pas évoquer l’Espagne où deux grands chiffres d’affluence sont tombés en début d’année. En coupe tout d’abord le 30 janvier, avec 48 121 spectateurs dans les tribunes du stade de l’Athletic Bilbao, puis avec un record mondial de 60 739 spectateurs lors du choc du championnat entre l’Atletico Madrid et Barcelone le 17 mars.

La France petite joueuse

Alors en France aussi un record national vient de tomber, mais après avoir vu les chiffres énoncés ci-dessus, il ne semble pas très impressionnant. Les raisons de s’interroger sont nombreuses. Alors que l’Olympique Lyonnais va disputer une nouvelle finale de Ligue des Championnes dans quelques jours, et que les clubs français font partie des meilleurs au monde, les stades sonnent creux en D1 féminine.

Lyon-Paris, cela fait partie des plus beaux matchs de la saison, et ce dans toute l’Europe. Pourtant, Barcelone, qui va disputer la première finale européenne de son histoire, a déjà remporté un match cette saison devant une audience représentant plus du double du record français. De quoi rester songeur. Les féminines sont-elles assez soutenues au niveau de la fédération? Des campagnes promotionnelles plus intenses peuvent-elles être mises en place? La communication ne semble pas parfaite. Alors qu’en Angleterre, les joueuses disposent d’une médiatisation croissante, la France est à la traîne…

Dans la ville, pas une seule affiche n’annonçait le match

– Un supporter Lyonnais ayant assisté à la finale de la Coupe de France 2019

L’un des membres d’Ol’Angelles a assisté à la finale de Coupe de France remportée par son club devant environ 10 000 spectateurs, soit moins du quart de l’affluence de la finale de la coupe anglaise. Il dénonce le choix du stade de Châteauroux pour un tel événement, et le manque de communication. « Quand en Angleterre on dispute la finale de la Cup à Wembley, en France c’est dans un stade où derrière les buts la vision est complètement perturbée par des armatures métalliques et des filets, dans une ville où pas une seule affiche n’annonçait le match, dans un stade loin d’être à guichets fermés, un peu moins de 10 000 spectateurs. »

Pas un cas unique

Un autre pays n’y arrive pas. Étonnamment, il s’agit de notre voisin allemand, chez lequel pourtant la culture foot est très grande. Et encore une fois, ce n’est pas une question de qualité alors que l’Allemagne est le pays le plus souvent représenté en finale de coupe d’Europe. D’ailleurs, 50 212 spectateurs avaient assisté à la finale de ligue des championnes en 2012, à Munich. Mais comme pour la France, les moyennes de spectateurs en championnat restent minimes. Elles sont même en diminution depuis quelques saisons. Le site spécialisé fupa.net indique une moyenne de 833 spectateurs par match cette année. Avec un record de 3 406 spectateurs pour une rencontre du champion, Wolfsburg. Un maigre bilan. Un phénomène dénoncé par certains journalistes et blogueurs. Katharina Reckers voit ainsi dans les récents records battus en Espagne un signe : « Ce record montre en quoi l’Allemagne se trompe« .

L’Allemagne et la France misent désormais sur leur sélection. Les places pour le mondial se vendent bien, les spectateurs devraient bien garnir les tribunes. Les deux nations font parties des favorites cet été et savent qu’elles peuvent redonner un énorme coup de projecteur au football féminin dans leur pays. Encore un élément de pression supplémentaire sur les épaules de ces championnes. Mais elles sont prêtes à répondre présent.

Jérôme Flury

3 commentaires

  1. […] reine en Espagne, avant de battre le record mondial quelques semaines plus tard. Sans compter les affluences au Portugal, en Italie et surtout en Angleterre. La nouvelle saison de première division anglaise a attiré des foules conséquentes à la […]

  2. […] nous posions déjà la question de l’affluence un an auparavant, mais force est de constater que malgré l’intérêt croissant pour le football féminin, les […]

  3. […] nous posions déjà la question de l’affluence un an auparavant, mais force est de constater que malgré l’intérêt croissant pour le football féminin, les […]

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