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Les Américaines déboutées : une décision critiquable

Pas d’égalité des salaires aux US. Telle est la décision du juge Gary Klausner. Pour lui, l’argument discriminatoire exposé par les joueuses n’est pas fondé. Les Américaines ont intenté ce procès contre leur fédération il y a des mois pour dénoncer l’inégalité de traitement dans le logement, les voyages et d’autres domaines. Un procès est annoncé pour le 16 juin.

Les joueuses de l’équipe américaine, qui ont remporté quatre des huit Coupes du monde, dont les deux dernières en 2015 et 2019, réclamaient 66 millions de dollars en arriérés de salaires, en vertu de la loi sur l’égalité de rémunération. Elles avaient établi cette somme en se fondant sur les disparités entre les primes distribuées par la FIFA lors des Coupes du monde masculine et féminine.

En 2014, les Allemands ont remporté 35 millions de dollars pour leur sacre au Brésil, tandis que les Français en ont gagné 38 millions pour avoir triomphé en Russie. Les championnes du monde 2015 et 2019 n’en ont eu que 6 au cours des deux tournois, soit 12 fois moins. Or, les Américaines rapportent de l’argent et leurs performances sportives sont largement supérieures à celles de la sélection masculine, qui n’était même pas qualifiée pour le dernier mondial.

« Choquées et déçues »

Dans sa décision de 32 pages, le juge Gary Klausner a expliqué que les plaignantes avaient refusé, à une date non précisée, un accord qui leur aurait permis d’être payées équitablement avec les joueurs de l’équipe nationale masculine. « L’historique des négociations entre les parties démontre que l’équipe féminine a rejeté une proposition pour être payée sur la même base salariale que l’équipe masculine, et qu’elle a renoncé à des primes plus élevées en guise d’avantages, parmi lesquels rémunération de base plus élevée et la garantie d’un plus grand nombre de joueuses sous contrat« .

La porte-parole de l’équipe, Molly Levinson, a indiqué dans un communiqué que les joueuses américaines allaient faire appel. « Nous sommes choquées et déçues de la décision d’aujourd’hui, mais nous n’abandonnerons pas notre travail acharné pour un salaire égal », a-t-elle réagi. « Nous avons confiance en notre dossier et sommes fermes dans notre engagement à faire en sorte que les filles et les femmes qui pratiquent ce sport ne soient pas considérées comme moins importantes simplement en raison de leur sexe », a conclu Molly Levinson.

Des arguments sexistes et tendancieux

Intentée en mars 2019, l’action en justice a pris une tournure particulièrement acrimonieuse il y a deux mois. Un dossier déposé par des avocats de la fédération argumentait le fait que jouer dans l’équipe nationale masculine exigeait un niveau plus élevé de compétences et revêtait une plus grande responsabilité. Cela avait suscité une indignation immédiate et généralisée de la part des joueuses, dont Megan Rapinoe qui avait accusé sa Fédération de « sexisme flagrant ». Plusieurs dirigeants ou encore de sponsors tels que Coca-Cola avaient suivi le pas.

Le président de la Fédération, Carlos Cordeiro, avait démissionné et avait été remplacé par la vice-présidente Cindy Parlow Cone. L’ancienne joueuse internationale avait aussitôt retiré le fâcheux argument afin d’apaiser la situation. « Nous sommes impatients de travailler avec l’équipe nationale féminine pour avancer de façon positive. Nous sommes déterminés à poursuivre ce travail pour nous assurer que notre sélection reste la meilleure au monde », avait assuré la dirigeante.

Jérôme Flury

2 commentaires

  1. […] rejoint le Brésil, la Norvège, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Aux Etats-Unis, ce combat de longue date n’a pas encore abouti, au grand dam des championnes du monde. Et en France ? « Leur homologue française […]

  2. […] rejoint le Brésil, la Norvège, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Aux Etats-Unis, ce combat de longue date n’a pas encore abouti, au grand dam des championnes du monde. Et en France ? « Leur homologue française préfère […]

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