Dans une interview accordée à l’Équipe, la capitaine de l’équipe de France et de l’OL Wendie Renard regrette la lente progression du football féminin en France. Elle pointe du doigt la responsabilité de la Fédération française de football.
Sa parole est plutôt rare. D’autant plus quand il s’agit de critiquer les rouages du football féminin en France. Mais ce jeudi, Wendie Renard s’est livrée sans détour pour faire le point sur l’évolution du sport pour lequel elle dédie sa vie depuis seize ans. « Depuis mon arrivée en métropole en 2006, il y a eu une vraie évolution. Mais derrière la Coupe du monde 2019 en France, on n’a pas réussi à surfer sur cette vague positive. Il n’y a pas eu que le Covid : on n’a pas réussi à garder cet élan et on stagne. »
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La FFF ciblé par Wendie Renard
Éliminée en demi-finale de l’Euro 2022 en Angleterre, la capitaine des Bleues (136 sélections) regrette que la France assiste de loin au développement rapide de la pratique. Car outre-Manche mais aussi en Italie et en Espagne, les joueuses ont désormais un statut professionnel. « À l’OL, on est considérées comme des pros mais on est gérées par la FFF, pas par une Ligue, donc on est amateurs. C’est un problème. Cela ne change rien à notre vie à l’OL, mais cela freine le développement du football féminin en France » explique Wendie Renard à l’Équipe. Dans l’Hexagone, la question n’est toujours pas d’actualité malgré la présence de l’OL, et du PSG, au sommet du foot européen.
Selon la Martiniquaise, la raison est simple. Il y a manque d’investissement de la Fédération française de football en faveur du football féminin. « On a la chance d’être médiatisées et d’avoir Canal +, mais tant qu’il n’y aura pas un vrai cahier des charges, avec des stades de qualité, à la hauteur du diffuseur… Il y a des stades où ce n’est pas possible : vous êtes devant la télé, et vous zappez. Il faut que la FFF permette au foot féminin d’avoir une Ligue. En un peu plus de dix ans, on a évolué, mais pas sur ça. Il faut absolument passer à la vitesse supérieure. Cela avance, mais trop lentement. »
Clément Gauvin
Photo © Équipe de France féminine