Dans son pré-rapport d’audit publié lundi, le ministère des Sports a sévèrement mis en cause Noël Le Graët qui entend « défendre son honneur » jusqu’au bout.
Les trois rapporteurs du ministère des Sports n’y sont pas allés avec le dos de la cuillère. Dans leur pré-rapport d’audit rendu public ce lundi, ils ont sévèrement tancé Noël Le Graët qu’ils jugent « illégitime » pour gérer le football français. Ce dernier est fortement sous pression depuis qu’il a tenu des propos polémiques à l’égard de Zinedine Zidane début janvier. En 2022, il avait déjà, et surtout, été l’objet d’accusations de comportements sexistes et de harcèlement sexuel. Ce qui ne l’a pas empêché pas de s’accrocher à son fauteuil de président de la FFF.
Le 11 janvier, l’ancien maire socialiste de Guingamp a tout de même été suspendu. L’audit mandaté par la ministre des Sports Amélie Oudéa-Castéra s’inscrit donc dans ce contexte explosif. Et les rapporteurs ont dressé un constat accablant. « Compte tenu de son comportement envers les femmes, ses déclarations publiques et la défaillance de la gouvernance de la FFF, M. Le Graët ne dispose plus de la légitimité nécessaire pour administrer et représenter le football français », est-il écrit.
Le Gouvernement appelle à la destitution de Noël Le Graët
L’audit va encore plus loin et préconise la destitution immédiate du dirigeant de 81 ans. « Le comex dispose de la capacité de décider de la tenue d’une assemblée générale extraordinaire. Laquelle aura le pouvoir de voter la destitution du président en exercice ainsi que tous les membres du comité élus sur sa liste en mars 2021. »
Comme on pouvait s’y attendre, les avocats de Noël Le Graët n’ont pas tardé à réagir. Ils ont transmis un communiqué à l’AFP jeudi. Mes Florence Bourg et Thierry Marembert y ont pointé du doigt un « rapport aux allures de réquisitoire ». Et d’insister : « La virulence des mots employés à l’égard de Monsieur Le Graët est surprenante au regard de la vacuité de sa base factuelle, qui repose sur des éléments et témoignages tronqués et anonymes ».
Nommé à la tête de la FFF en 2011, le principal intéressé n’a pas encore pris la parole. Mais ses représentants assurent qu’il « défendra fermement son honneur. »
Photo © Fédération française de football