Arrivée outre-Rhin cet été, après avoir fait les beaux jours de Reims et du Paris FC en Arkema Première Ligue, Kessya Bussy a pris du temps pour prendre ses marques à Wolfsburg avant de s’y imposer progressivement. Peut-elle enfin faire de même chez les Bleues ?
Malgré une concurrence rude et des premiers pas timides…
Barrée par une forte concurrence au sein de l’attaque de Wolfsburg, la native d’Orléans a débuté la saison sur le banc. Mais Kessya Bussy, 24 ans, grappille progressivement du temps de jeu, jusqu’à être titularisée face au Bayern dans le sommet de Bundesliga le mois dernier.
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Et malgré la défaite de Wolfsburg à Munich (4–1), c’est elle qui a ouvert le score face au géant allemand. Bussy se présente petit à petit comme un élément offensif déterminant du deuxième de Bundesliga, que ce soit sur l’aile gauche ou l’aile droite, et même parfois en pointe.
… Bussy est de plus en plus indispensable avec Wolfsburg
Avec 10 buts et 4 passes décisives en 18 matchs toutes compétitions nationales confondues — Bundesliga, Coupe et Supercoupe d’Allemagne — Kessya Bussy est un symbole d’efficacité. Pourtant, elle ne débute encore que la moitié des matchs des Louves. Et elle n’endosse pas le rôle de super-sub pour autant. Seulement 30% de ses buts ont été inscrits en sortie de banc.
Surfant sur sa dynamique au Stade de Reims (22 buts et 10 passes décisives en 64 matchs) et au Paris FC (21 buts et 10 passes décisives en 59 matchs), l’ailière fait de sa polyvalence offensive une arme. Ses appels en profondeur et son touché de balle dans les petits espaces font d’elle un atout de choix. En 2021, elle rapportait à Onze Mondial son profil technique, se décrivant non pas comme « une fille imposante qui va au duel » mais plutôt « qui cherche l’évitement ».
Explosive, Kessya Bussy a besoin d’espace pour faire parler la poudre. C’est ce qui lui a permis de réaliser des lobs soyeux face à Francfort et Leipzig en novembre… des gestes d’exception. Elle sait aussi se faufiler comme un renard des surfaces, comme sur ses buts face au Bayern ou à Essen le mois dernier.
Avec Popp, Beerensteyn ou Huth, Bussy est bien entourée
Sa montée en puissance est un vrai casse-tête pour Stephan Lerch, le coach des Louves, qui a désormais l’embarras du choix. Oui, car l’arsenal offensif à sa disposition est impressionnant. En plus de Bussy, la légendaire numéro 9 allemande Alexandra Popp, l’ailière expérimentée Svenja Huth, la fusée néerlandaise Lineth Beerensteyn et les valeurs montantes Cora Zicai et Vivien Endemann le composent.
Et c’est un luxe important, alors que Wolfsburg, qui cherche à conserver sa place parmi les grands d’Europe, joue encore sur trois tableaux, dont un quart de finale de Ligue des championnes face à OL Lyonnes (match aller le 24 mars et match retour le 2 avril).
Face à ses limites, Bussy a encore du chemin
Wolfsburg, qui est rentré dans une nouvelle ère, doit se remettre du départ de Jule Brand. Et Bussy a encore du chemin pour atteindre le pedigree de celle qui a justement posé ses valises à OL Lyonnes. En délicatesse face à des blocs bas, manquant parfois de percussion et d’impact physique, Bussy se heurte encore à certaines limites à Wolfsburg. Cela se ressent particulièrement en Ligue des championnes — elle n’a jamais marqué en 13 matchs avec le Paris FC (sans compter le qualifications) et Wolfsburg — et depuis toujours en Équipe de France où l’ailière n’arrive pas à imposer son empreinte.
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Et pourtant cela fait bientôt 5 ans que Kessya Bussy honorait sa première sélection en Équipe de France (lors d’un amical contre l’Allemagne le 10 juin 2021). Rarement utilisée même lorsqu’elle est convoquée (10 sélections, 1 but), elle est encore loin dans la hiérarchie sur les ailes des Bleues, devancée par des joueuses comme Kadi Diani, Delphine Cascarino, Melvine Malard voire Sandy Baltimore.
Elle n’a jamais été aussi proche de bousculer la hiérarchie
Ce qu’on lui reproche, ce qu’on ne voit pas en elle, et qui lui a couté une sélection à l’Euro 2025, Bussy a décidé d’aller le chercher en côtoyant les meilleures à Wolfsburg. Même si elle s’est déjà frottée aux meilleures, comme Melchie Dumornay à Reims ou Clara Matéo au Paris FC, Bussy apprend désormais de joueuses qui ont tout vu, tout connu, au plus haut niveau comme Popp, Huth ou Beerensteyn.
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« [La non-sélection à l’Euro] m’a permis de prendre la décision d’aller à Wolfsburg pour gagner encore plus en expérience, » confiait-elle à Ouest-France en octobre dernier. « Car je me suis dit que peut-être, rester en France n’était pas suffisant. Il fallait que j’aille chercher quelque chose d’autre pour continuer à gravir les échelons et essayer ensuite de m’imposer ici, en Équipe de France. »
Kessya Bussy sait qu’elle s’en rapproche. À Wolfsburg, elle annonce la couleur dès son arrivée. « Je veux gagner des titres » affirmait-elle dans son entretien de présentation au club. Sa bonne forme à Wolfsburg lui a valu un retour chez les Bleues. Le 2 décembre dernier, elle a été titularisée face à la Suède lors du match retour pour la 3e place de Ligue des Nations. Restée sur le banc en Irlande pour l’entame des éliminatoires du Mondial plus tot vette semaine, pourra-t-on enfin la voir briller avec l’équipe de France ce samedi face à la Pologne ?
Julien Helle-Nicholson
Photo © Mathilde Durney / Footeuses
