Faustine Pellegry, porte-drapeau de la délégation française au mondial universitaire qui se joue en Pologne actuellement, évoque la préparation du groupe France et les ambitions de l’équipe dans ce tournoi. Le Brésil a battu les Bleues ce 2 juillet 6-0 pour le premier match.
Faustine, comment abordez-vous ce mondial universitaire de futsal ? Ce n’est pas une coupe du monde mais c’est forcément spécial quand même.
On l’aborde avec ambition. On sait qu’on est une équipe jeune avec peu d’expérience mais on a tous les moyens qui sont mis, la Fédération compte sur cette compétition. Ensuite, les compétitions universitaires sont importantes pour le futsal, on y retrouve des joueuses de différentes sélections, c’est un vrai tremplin. Sur le premier match, il peut y avoir de la déception au niveau du résultat mais on a vraiment appris. C’était un premier match international pour plus de la moitié de l’équipe.
Il y a des faits de jeu en première période qui nous ont aussi impacté avec la perte d’une joueuse actuellement à l’hôpital (Melissa Guyard Ay), il fallait vite se remobiliser.
Comment vous sentez-vous après cette saison chargée, vous tenez le coup physiquement ?
C’est vrai que c’est tard dans la saison mais c’est une compétition qu’on prépare, nous avions connaissance de cette date depuis longtemps. J’ai beaucoup de responsabilité aussi sur cette compétition car je suis une de celles qui a le plus d’expérience. Il y a un beau challenge dans cette compétition. J’espère que nous allons aller le plus loin possible. Ce tournoi peut apporter beaucoup d’expérience au groupe, sur la gestion des compétitions de haut niveau, ce que chacune doit mettre en place pour être au service du groupe. On a eu quelques jours à Clairefontaine, on a beaucoup travaillé. Il y a un trophée à aller chercher.
Concernant cette préparation à Clairefontaine, il s’agissait de jours où la canicule en France était difficile à supporter, avez-vous pu travailler sereinement ?
Je pense que tout le monde était dans les mêmes difficultés, on avait une kiné, des médecins qui nous faisaient des poches de glaçons. Il faisait presque un peu moins chaud dans le gymnase grâce aux arbres autour mais effectivement, le corps est en lutte permanente, forcément qu’on récupère moins bien. On a fait avec.
Vous faites partie vous-même des pionnières du futsal français. Constatez-vous de premières évolutions, avec le championnat qui va se mettre en place, il y a de plus en plus de profils intéressants dans le pays ?
Oui car des joueuses arrivent du foot à onze, commencent à prioriser le futsal. Après, les résultats de l’équipe de France A avec notre qualif pour le tour élite de l’Euro et ce type de compétition universitaire permettent de mettre en lumière. C’est suivi, il y a des articles après les matchs, ce sont des petites choses qui comptent. Le championnat sera un vrai tremplin pour la discipline. Avant, les filles jouaient au niveau régional et passaient directement à l’international avec la sélection !
Ces championnats rappellent aussi que vous êtes toutes dans des parcours universitaires à côté, c’est sans doute parfois compliqué de jongler entre tout cela ?
Cela dépend des joueuses, de leur distance aux facs. Après, à cet âge-là, c’est important d’avoir un bagage en termes d’études. Peu importe les disciplines, futsal ou autre, tout le monde est dans un cursus d’études, qui reste précieux, indépendamment du développement de la discipline sportive en question. Je pense que c’est plus compliqué pour les filles qui ont un double projet entre foot, futsal voire sélections, études, job étudiant…
Il y a des filles engagées dans des équipes de D3 en foot et dans des clubs de futsal qui vont intégrer la D1, ce qui n’est pas compatible dans les statuts… En vous écoutant, on comprend que c’est nécessaire au fond ?
Quand tu arrives à haut niveau, foot et futsal restent deux disciplines différentes et on n’a qu’un seul corps, dont il faut prendre soin. Je pense qu’au-delà de la règle, c’est une nécessité pour permettre au corps d’assumer la charge nécessaire de travail.
Et pour finir, alors, cette qualif, vous allez la chercher ?
On n’a plus droit à l’erreur et oui, on va tout donner !
Jérôme Flury
Photo ©FISU
