Amélie Delabre : « À Anderlecht, j’ai été le mieux accueillie de toute ma carrière »

Footeuses s’associe à « Tout foot, tout flamme » , le premier podcast francophone dédié au football féminin en Belgique, pour un épisode exceptionnel avec Amélie Delabre, dont voici quelques extraits. La Française d’Anderlecht est revenue sur son parcours, de la Haute-Loire jusqu’à Bruxelles, en passant par Saint-Étienne, Metz et Cologne.

Originaire du Puy-en-Velay, l’attaquante polyvalente de 25 ans a connu toutes les sélections juniors de l’équipe de France auparavant (34 sélections, des U16 aux U23). À Anderlecht, un club où elle se sent comme chez elle, Delabre en profite aussi pour récolter ses premiers titres. Déjà championne de Belgique en 2024, elle participe au sacre en Coupe cette saison [victoire 3–0 face au Zulte-Waregem le 30 mai dernier, après la sortie de l’épisode]. Un dernier pour la route après avoir annoncé son départ d’Anderlecht cet été.

À son arrivée chez les Mauves, la Française s’est rapidement imposée comme l’une des joueuses les plus décisives du championnat. Pour sa première saison, en 2023-2024, elle inscrit 20 buts en 30 matchs toutes compétitions confondues. Les statistiques parlent d’elles-mêmes, mais derrière les chiffres, il y a surtout une compétitrice née. Avec son exigence, son mental et cette culture de la gagne à la française, elle apporte quelque chose qu’on dit parfois trop rare dans le football belge, l’obsession de gagner.

« Tout foot, tout flamme » , un podcast à retrouver sur toutes les plateformes.

Vous venez du Puy-en-Velay, près de Lyon. À quel moment choisissez-vous le foot ?

J’ai commencé en club à 5-6 ans, mais j’ai toujours joué. Je viens d’un petit village du sud de la France où il y avait trois ou quatre familles avec d’autres enfants. Ceux qui avaient mon âge étaient tous des garçons. On jouait tout le temps au foot, avec mon frère qui a deux ans de plus aussi, à l’école, à la récréation… J’ai toujours vraiment aimé ça. Après, ça s’est fait naturellement. Je me suis inscrite en club et je jouais avec des garçons. J’ai continué et je n’ai jamais arrêté.

Vos parents n’avaient pas de réticence ? Ils ne vous ont pas dit : « tu ne veux pas essayer un autre sport » ?

Non, pas du tout. Je ne me rendais pas forcément compte que c’était un sport de garçons quand j’étais petite… peut-être un peu, parce qu’il n’y avait pas d’autres filles. Mais même à l’école, mes amis étaient toujours des garçons. Que je sois une fille ou un garçon, ça ne changeait rien, et pour mes parents non plus. Pour eux, ça n’avait pas vraiment d’importance quel sport je faisais : « si t’aimes le foot, amuse-toi. » Ils me voyaient heureuse, ça n’a jamais posé de problème, donc pourquoi me dire quelque chose ?

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Jusqu’à quel âge avez-vous joué avec les garçons ?

Jusqu’à 15 ans. Pour être honnête, si j’avais pu continuer, je l’aurais fait. Je trouvais que l’esprit de compétition, le niveau et le rapport athlétique étaient plus forts avec les garçons, c’était vraiment quelque chose qui me plaisait. En France, on n’a plus le droit de jouer avec eux à partir de 15 ans, donc j’ai dû aller jouer avec les filles. Au début, c’était un peu compliqué parce que c’était différent socialement. Mais je m’y suis faite.

À ce moment-là, comment ça se passe au niveau de vos études ?

À 15-16 ans, je suis partie à Lyon en Pôle Espoirs. On s’entraîne toute la semaine ensemble, mais on joue avec notre club le week-end. À ce moment-là, je jouais le week-end avec Saint-Étienne, mais je m’entraînais à Lyon toute la semaine, avec des filles de plein d’autres clubs : Lyon, Marseille, Dijon…

Par la suite, je suis allée à l’université. J’ai fait STAPS, puis fac de droit. En tant que sportive de haut niveau, on a la possibilité de ne pas suivre tous les cours. Ça reste compliqué parce que même avec cet aménagement, il faut aussi avoir les capacités pour mener les deux de front. Pendant quatre ans, j’ai fait université et foot en parallèle, et je suis vraiment contente d’avoir pu faire ça.

De toutes les équipes que j’ai faites, Anderlecht est celle où j’ai été le mieux accueillie. […] les Flamandes ont fait l’effort de parler français pour moi toute la saison. C’est vraiment quelque chose que j’apprécie.

Quand vous arrivez à Metz, que représente le statut pro pour vous ?

J’avais un salaire, j’étais payée pour jouer au foot. Si on compare avec quelqu’un de « normal » qui doit travailler pour payer ses études et son appartement, moi j’avais la chance de faire du foot pour ça. La première année à Metz, je ne faisais que du foot. C’était vraiment mon métier, j’avais la tête au foot et ça me permettait de vivre. Ensuite, les quatre années suivantes, j’ai fait mes études à côté. Sauf que mon métier, c’est une passion, donc on ne se rend pas compte qu’on travaille.

À Metz, vous êtes directement titulaire ? Quel est votre temps de jeu ?

Quand je suis arrivée, je n’étais pas titulaire parce que j’avais 17 ans. Je venais juste de faire la Coupe du Monde U20 avant de signer l’été. J’avais fait une bonne Coupe du Monde, donc il y avait quelques attentes, et après la compétition j’ai eu beaucoup plus de visibilité. Tout est arrivé un peu en même temps pour moi, mais c’est chouette. Je jouais 20-30 minutes et, au fur et à mesure que la saison a avancé, de plus en plus. Au final, j’ai gagné ma place de titulaire et, forcément, quand on est titulaire en première division en France à 17 ans, c’est idéal. Je jouais encore en équipe de France jeune à ce moment-là. Quand on est jeune, je pense qu’on ne se rend pas toujours compte de ce qu’on fait. C’est une fois que c’est fini qu’on le voit.

Et tant mieux, parce que vous jouez avec une certaine naïveté…

Exactement. Les jeunes apportent le plus dans les équipes. Cette naïveté de ne pas réfléchir, juste s’amuser. Et ça crée quelque chose d’imprévisible, un peu de jeunesse, d’énergie.

Qu’est-ce qui a été un peu plus difficile dans ce parcours ? Est-ce que vous avez été blessée à Metz ?

Je n’ai pas eu beaucoup de blessures pour l’instant, j’espère que ça va continuer. La saison dernière, j’en ai eu quelques-unes. Sinon, j’ai eu quelques petits problèmes comme tout joueur ou toute joueuse. Il y a des moments où tout se passe bien, où mentalement c’est top, et quand on est très fort, tout le monde est autour de nous. Quand on a des moments un peu plus compliqués, c’est l’inverse. Et je pense que c’est quelque chose de très fort dans le sport en général : quand ça se passe moins bien, tout le monde attend qu’on soit toujours au top. Quand on est en forme, on a beaucoup de soutien. Mais quand on traverse une période plus compliquée, ce soutien disparaît. Je trouve ça un peu dommage.

Comment se passent les premiers contacts avec Anderlecht ?

C’est mon agent qui m’en avait parlé. Il m’avait proposé plusieurs clubs et j’avais beaucoup aimé le projet. Dans le cadre de mes études, j’avais un master de droit public, et à la base, je voulais faire ma deuxième année à distance tout en étant à Anderlecht. Je pensais faire mon stage à la Commission européenne, vu que c’était du droit public très orienté droit de l’Union européenne. Sauf que quand je suis arrivée à Anderlecht, j’ai beaucoup aimé tout de suite et mes quatre années d’études avant étaient déjà assez longues. Il y a eu un moment où j’avais juste envie de jouer au foot, donc j’ai mis mes études de côté.

Au début, c’était un peu compliqué parce que les entraînements sont en anglais et mon anglais n’était vraiment pas bon. Les premières semaines, c’était difficile aussi d’arriver dans une équipe où j’avais toujours joué avec des francophones. C’est le plus gros changement que j’aurais à citer. Mais les filles ont été vraiment, vraiment top. De toutes les équipes que j’ai faites, Anderlecht est celle où j’ai été le mieux accueillie, et ça m’a beaucoup aidée.

Qu’est-ce qui explique ça ?

Je pense que de manière générale, en Belgique, les gens sont très accueillants. En France, par exemple, quand on avait des joueuses étrangères qui arrivaient, on ne faisait pas forcément l’effort d’aller vers elles. La barrière de la langue posait problème. Maintenant que j’ai été moi-même l’étrangère, je me rends compte que c’est quelque chose qu’en France, on doit vraiment améliorer.

Quand je suis arrivée en Allemagne, je ne parlais pas du tout la langue. Ça a été très compliqué, et c’est en grande partie ce qui a fait que ça ne se passait pas bien. En faisant le rapprochement avec Metz, on a eu des joueuses étrangères qui avaient vécu la même chose et qui, après six mois, étaient parties. Aujourd’hui, je comprends comment elles se sentaient. Quand une joueuse arrive dans une équipe et qu’elle ne parle pas la langue, ce n’est pas forcément à elle de faire tous les efforts, c’est aussi au groupe.

À Anderlecht, les Flamandes ont fait l’effort de parler français pour moi toute la saison, sans y être obligées. C’est vraiment quelque chose que j’apprécie. Et c’est aussi pour ça que je me suis si bien sentie ici et que j’y suis performante. N’importe quelle joueuse qui ne se sent pas bien dans sa tête ne se sent pas bien sur le terrain.

[Sur son passage difficile À Cologne] « JE suis quelqu’un qui aime parler, donner de l’énergie, m’impliquer, et là, je me retrouvais à part. C’était vraiment compliqué. j’arrivais sans être à mon niveau parce que je ne me sentais pas bien, et c’est un cercle vicieux. »

Vous arrivez à vous intégrer, et vous faites effectivement un bon début de saison en 2023-2024 à l’issue de laquelle vous êtes championnes de Belgique. Ensuite, vous partez assez vite en Allemagne. Pourquoi ce départ ?

Pendant ma deuxième saison, j’ai eu quelques blessures dès le début, notamment au niveau du dos. Quand j’ai été blessée, j’étais en fin de contrat à la fin de la saison. Quand Cologne est venue, dans ma tête, je ne savais pas comment allait évoluer ma blessure. Si je ne pouvais pas jouer jusqu’à la fin de la saison, c’était aussi une opportunité : ils me proposaient un contrat de deux ans et demi, et si j’étais blessée, c’était une garantie. La Bundesliga, comme on le disait, c’est quelque chose d’attractif. Les stades sont remplis, c’est encore un cap au-dessus.

Ça s’est vraiment fait du jour au lendemain, et ce n’était pas une décision facile parce que mon cœur voulait rester à Anderlecht. À la base, je n’avais pas envie de partir. C’est plus un concours de petites choses qui a fait que j’y suis allée. Quand je suis partie de Metz, j’étais vraiment convaincue de ma décision. Là, partir au milieu de la saison, c’était différent. Et après, en voyant qu’Anderlecht n’allait pas forcément être champion, j’avais un peu le sentiment de les avoir abandonnés. Peut-être que si j’étais restée, ils n’auraient pas été champions non plus mais ce n’est pas pareil de rester et de ne pas être champion, ou de partir et de les voir ne pas l’être.

C’est quelque chose que j’ai un peu regretté. Mais j’ai fait ce choix, je ne peux pas le changer, et j’ai beaucoup appris là-bas, même si ça ne s’est pas super bien passé, entre les blessures et le reste. C’est dans les moments difficiles qu’on apprend, et ça m’a aussi permis de me rendre compte de ce que j’avais à Anderlecht.

Amélie Delabre pour son retour à Anderlecht. © RSC Anderlecht

Comment se passe l’intégration à Cologne, et l’encadrement autour de vous ?

J’ai été vraiment bien accueillie, les conditions étaient aussi très intéressantes, l’équipe était top. Mais comme je le disais, il y avait la langue. Mon anglais s’était un peu amélioré depuis Anderlecht, mais pour m’exprimer, c’était encore compliqué et l’allemand, je n’en avais jamais fait. J’arrive dans une équipe où tout le monde parle allemand sauf moi. Je pouvais parler anglais avec tout le monde, mais les entraînements étaient en allemand, les réunions étaient en allemand, les filles parlaient entre elles en allemand.

Et moi, je suis quelqu’un qui aime parler, donner de l’énergie, m’impliquer, et là, je me retrouvais à part. C’était vraiment compliqué. Et on en revient à la même chose : quand on joue bien, tout le monde est top avec toi. Mais là, j’arrivais sans être à mon niveau parce que je ne me sentais pas bien, et c’est un cercle vicieux. Je jouais encore moins bien parce que je ne me sentais pas bien, et vu que je jouais moins bien, je me sentais encore moins bien.

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Et là, vous vous blessez plus gravement. Qu’est-ce qui se passe au niveau de votre pied ?

Je me suis fait une rupture de plusieurs ligaments de la cheville. J’ai été obligée de me faire opérer en Allemagne et j’ai commencé ma rééducation là-bas, où j’ai été très bien accompagnée. Après ma blessure, j’ai vu avec Cologne pour dire que c’était compliqué pour moi d’être là et que je ne me sentais pas de faire la saison suivante non plus. On a alors discuté avec Anderlecht pour organiser un prêt cette saison. Je suis revenue assez vite de ma blessure, bien accompagnée par les deux clubs, et tout est allé assez vite. J’ai pu commencer la saison à peu près normalement, même si les premiers mois étaient compliqués parce que je n’avais pas vraiment fait la préparation avec les autres.

Donc vous revenez à Anderlecht la saison suivante. Qui prend contact à ce moment-là ?

J’étais toujours en contact avec les filles et quelques membres du staff, ils savaient que je ne me sentais pas forcément bien. Quand on en discutait, c’est venu assez naturellement. Moi, j’avais la volonté de revenir, et eux m’ont dit que je pouvais toujours revenir. Après, c’est entre les deux clubs que ça s’est discuté pour que ce soit possible.

Vous avez quand même marqué l’histoire d’Anderlecht grâce à vos performances. Est-ce que vous ressentez ça ?

Oui, bien sûr, en revenant je veux qu’on soit championnes et j’y crois encore. Je savais aussi que ce serait dans un rôle différent. Quand on a discuté du retour, ils m’ont tout de suite dit que je jouerais probablement plutôt au milieu qu’en attaque. J’aimais ce challenge-là, c’était nouveau pour moi parce que je n’y avais jamais joué. Il y avait une pression dans un sens, mais c’était surtout de revenir et d’aider l’équipe comme je peux. Et si cette saison on fait le doublé, ça aura été un choix gagnant. Comme pour toutes les autres joueuses de l’équipe.

Par rapport à votre rôle en attaque, vous n’êtes pas toujours en pointe depuis votre arrivée à Anderlecht. Vous avez connu beaucoup d’entraîneurs aussi, comment le vivez-vous ?

C’est vrai, on a eu beaucoup d’entraîneurs, différents systèmes, j’ai joué différentes positions. Personnellement, ce n’est pas quelque chose qui me dérange. Je trouve ça assez chouette. Ce sont des rôles différents, mais ça reste du foot, il s’agit juste de faire le mieux possible en fonction de ce que demande le coach. Après, une certaine stabilité peut aussi être un avantage, pour les automatismes et les connexions.

Mais ça n’est pas non plus facile. On a eu beaucoup de blessures et parfois les choix se font en fonction de ce qui est possible. D’un point de vue personnel, ce n’est pas quelque chose qui me dérange. C’est aussi bien pour moi de pouvoir jouer en attaque quand on en a besoin, ou au milieu quand c’est nécessaire. On est plusieurs joueuses capables de faire ça.

Cette saison, c’est une saison un peu en dents de scie. Comment est-ce que vous vivez ça dans le groupe ?

C’est quelque chose d’assez difficile. On a eu un très bon début de saison, et après, beaucoup de fatigue mentale et physique. Novembre-décembre a été vraiment compliqué pour tout le monde. On a aussi eu des blessures, des changements dans le staff, des changements à tous les niveaux. C’est ça qui fait qu’on a eu des matchs où ce n’était pas top, on a perdu quelques points.

Il y a des moments aussi où vous avez été menées et vous revenez au score, voire vous gagnez. Mentalement, qu’est-ce qui fait cette différence ?

C’est aussi une force qu’on a dans ce groupe, je pense. Même quand on est menées, tant que le match n’est pas fini, c’est encore possible. Contre Zulte-Waregem, on perdait 3-1 et tout le monde pensait qu’Anderlecht allait perdre des points. Et non : tant que le match n’est pas fini, on peut marquer trois buts en deux-trois minutes [victoire finale 4–3 d’Anderlecht lors de la 16e journée, le 31 janvier dernier]. C’est ça, c’est d’y croire jusqu’au bout. Tant que ce n’est pas fini, on n’a pas perdu de points.

[À propos de sa personnalité expressive sur le terrain] « c’est comme ça que je suis. c’est important dans une équipe pour faire réagir. Il ne faut pas que tout le monde LE fasse. Mais s’il n’y a personne qui parle, qui donne cette énergie, il ne se passe rien. c’est un juste milieu. Ni trop, ni trop peu. »

Sur les saisons précédentes, Anderlecht avait aussi tendance à marquer en fin de match, avant même que vous arriviez. C’est un peu un ADN qui suit le groupe.

Oui, exactement. Je pense aussi que parfois, tant qu’on ne mène pas, on joue. Mais quand on est menées, on se dit « maintenant, il faut réagir ». Et parfois, ce n’est pas forcément positif. Quand on mène ou que le résultat est encore dans nos mains, on laisse un peu trop faire. Mais c’est aussi positif parce que quand ça ne se passe pas comme on veut, on se réveille et on agit. Et au final, on arrive quand même à aller chercher des points. C’était vrai il y a deux ans, c’est encore vrai aujourd’hui.

Sur le terrain, vous êtes assez expressive, vous n’avez pas peur de dire ce que vous pensez. Est-ce que vous pensez que ça tire l’équipe vers le haut, ou que ça peut parfois déstabiliser les coéquipières ?

Oui, je suis d’accord. Et c’est aussi comme ça que je suis en tant que personne. Je pense que c’est important d’avoir quelques personnes comme ça dans une équipe : quand on perd, donner de la voix et de l’énergie pour faire réagir. Il ne faut pas que tout le monde fasse ça, bien sûr, parce que ce serait compliqué. Mais s’il n’y a personne qui parle, qui donne cette énergie, il ne se passe rien. Et ça peut être problématique. Comme tout, c’est un juste milieu. Ni trop, ni trop peu.

Propos recueillis par Audrey R., fondatrice du podcast « Tout foot, tout flamme »

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