CAN 2026 : Ngock impériale, gardiennes héroïques, sœurs Chawinga intenables… qui a marqué cette édition ?

Une fois n’est pas coutume, la CAN nous a offert son lot de surprises, de révélations et de stars, même si cette fois… elles ne sont pas toutes Nigérianes.

Bihina et Ndiaye, des arrêts à la pelle

Sans elle, le Cameroun aurait-il remporté la première CAN de son histoire ? Difficile de l’affirmer, mais la Bihina-mania a bel et bien sévi. À seulement 22 ans, Michaely Bihina est devenue une star en moins d’un mois.

Avec seulement deux buts encaissés sur le tournoi, puis infranchissable en quarts face aux Nigérianes avec neuf arrêts, la portière de Benfica a encore frappé en demi-finales face au pays hôte.

Quatre penalties stoppés, dont trois lors de la séance de tirs au but, pour envoyer les Lionnes Indomptables en finale : rien que ça. La CAF lui a logiquement décerné le prix de meilleure gardienne du tournoi.

Mais en phase de poules, les regards s’étaient tournés vers Adji Ndiaye, la surprise du chef. Remplaçante avec le Sénégal comme en club à Bourges, elle est titularisée lors de la deuxième journée du groupe A après le cauchemar vécu par Khady Faye lors du match d’ouverture.

Résultat : treize arrêts en deux matchs, dont un penalty de Yasmim Mrabet face au Maroc. À l’aube de ses 20 ans, Ndiaye garde ses cages inviolées et permet aux Lionnes de la Teranga de sortir de la compétition la tête haute.

Autre gardienne en vue, Chloé N’Gazi, la native du 92. Rassurante dans les cages, l’Algérienne de 30 ans a sorti deux arrêts décisifs lors de la séance de tirs au but, permettant aux Vertes d’aller chercher la troisième place face au Maroc.

Nyadjou s’invite parmi les grandes, Khezami revancharde

Défensivement, certaines joueuses ont été de véritables rocs. Indésirable à Marseille, sa ville natale, Roselène Khezami (24 ans) a pourtant démontré sa résilience dans la charnière algérienne. On retiendra ses retours salvateurs sur la Kényane Valérie Nekesa en phase de poules ou sur la Malawite Temwa Chawinga en demi-finales — toutes deux parties seules au but.

Présente dans l’équipe type du tournoi, Nouhaila Benzina (28 ans, AS FAR) a également confirmé son statut, désignée joueuse du match face à l’Afrique du Sud en quarts.

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À ses côtés, c’est la Camerounaise Myriam Nyadjou (20 ans, Amazone FAP) qui s’invite dans le Onze de la CAN. Autoritaire, avec des interventions précieuses face au Maroc en demi-finales, elle est aussi l’une des artisanes de la défense héroïque des Lionnes Indomptables. Elle s’est même permis d’inscrire un missile décisif sur coup franc face au Nigeria en quarts. 

Alimata Bélem (21 ans), sur qui le Washington Spirit a parié, et Leidina Semedo (20 ans, Racing Power) ont également impressionné par leur maturité, respectivement avec le Burkina Faso et le Cap-Vert, deux nations pourtant plus modestes. Bélem a été intéressante dans les duels au sol ou à la relance tandis que Semedo a surpris sur son aisance balle au pied et sa couverture de terrain.

Un service cinq étoiles du côté droit marocain

Sur les ailes, c’est à droite que le Maroc a constamment porté le danger lors de cette CAN. Hanane Aït El Haj (31 ans, Alavés), latérale droite des Lionnes de l’Atlas, en a servi des caviars ! Cinq en tout, le plus haut total du tournoi. Comme un frisson parcourait le stade à chaque ballon reçu sur son côté.

Elle a fait la paire avec l’artiste Sakina Ouzraoui Diki (24 ans, Tenerife), notamment sur. L’ailière a régalé les spectateurs avec ses chevauchées fantastiques tout au long de la compétition, notamment face au Kenya et au Sénégal, ponctuant le tout de deux réalisations dont un lob parfait sur un centre de… Aït El Haj.

Inès Belloumou (25 ans, West Ham), la native de Martigues, et Josephine Bonsu (27 ans, YB Berne) ont brillé dans d’autres registres. La première a été nommée latérale gauche dans l’équipe type du tournoi. Et c’est mérité au vu de la régularité et combativité de l’Algérienne. Pour Bonsu, positionnée comme piston gauche, ses incursions et son apport offensif ont permis d’apporter du soutien ou le surnombre.

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Du côté des révélations dans les couloirs, comment ne pas citer Shukurat Oladipo (21 ans). Élue meilleure défenseure de Serie A la saison dernière, l’arrière latérale de l’AS Rome fait partie des rares satisfactions du Nigeria lors de cette CAN. Appui fiable et disponible sur son côté droit, elle n’est jamais passée loin de la passe dé.

Monique Ngock, nouvelle patronne

Elle a survolé la compétition. Que ce soit à la récupération, par sa conversation de balle ou par sa vision du jeu, Monique Ngock a étalé toute sa classe lors de cette CAN. À 21 ans, elle compte déjà quatre saisons en Arkema Première Ligue dans les jambes, trois à Reims et une dernière à Fleury avant de s’envoler pour le Washington Spirit à l’issue de la compétition.

Capable de casser les lignes, Ngock a notamment livré des prestations remarquables face au Mali puis au Ghana en phase de poules. Déterminante dans le sacre des Lionnes Indomptables, elle est désignée meilleure joueuse de la CAN par la CAF.

Équipe type de la CAN 2026 © cafonline.com

À ses côtés dans l’équipe type du tournoi on retrouve Marine Dafeur (31 ans, Bristol City). Valeur sûre de l’entrejeu algérien et capitaine en l’absence de Sofia Guellati, la native de Douai a d’abord ouvert le compteur de la CAN face au Sénégal, avant de signer un bijou sur un coup franc de 30 mètres face au Kenya.

Même quand elle n’était pas à la récupération, les actions passaient toujours par elle. Véritable métronome, elle servait les ballons longs ou courts, à la convenance de ses coéquipières.

Dans leur sillage, le milieu de terrain voit émerger une relève prometteuse. À seulement 18 ans, Aissatou Fall (Aigles de la Médina) et Grâce Sery (Nordsjælland) ont prouvé qu’elles avaient déjà leur place à l’échelle internationale.

Positionnée en sentinelle, Fall nous a tout de même ravi d’une percée magistrale contre l’Algérie, mettant trois adversaires dans le vent. Sery, elle, est une box-to-box tenace, capable de traverser le terrain balle au pied. Son doublé rageur face à l’Afrique du Sud en phase de poules en témoigne.

Le Malawi a sorti l’armada offensive

Les grandes stars offensives africaines étaient de sortie, les sœurs Chawinga en tête pour la première participation du Malawi. Quatre pions pour l’aînée, la Lyonnaise de 30 ans Tabitha Chawinga, un de plus pour sa cadette Temwa Chawinga, 27 ans et meilleure buteuse de cette CAN, mais aussi deux passes décisives.

Tabitha nous a notamment offert un retourné de classe mondiale en demi-finales face à l’Algérie. Dominantes aussi sur les ailes, les deux sœurs se sont baladées, proposant des slaloms fabuleux.

Pour aller aussi loin, jusqu’à atteindre une finale continentale ainsi qu’un billet pour la Coupe du Monde 2027, le Malawi a pu compter sur ses relais offensifs : Faith Chinzimu (19 ans, BK Häcken) et Rose Kadzere (20 ans, Montpellier FC).

Les deux pépites ont tout simplement mis l’Égypte au supplice en phase de poules. Et alors que Kadzere voyait rouge contre l’Algérie en demi-finales, Chinzimu s’était encore illustrée d’un décalage lumineux sur le but du break de Temwa.

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Certes, le nouveau champion d’Afrique s’est reposé sur les exploits de la gardienne, mais pour gagner il faut aussi marquer. Et ça, Marie Ngah sait le faire. L’attaquante de 23 ans, qui vient de signer au Fenerbahçe après avoir fait les beaux jours du rival Galatasaray, a bouclé la boucle lors de cette CAN avec cinq réalisations.

Un démarrage en trombe face au Mali et au Ghana, puis un passage à vide jusqu’à la finale, avant de se réveiller au meilleur moment. Son doublé précieux en finale face au Malawi propulse le Cameroun au septième ciel.

Une Ouedraogo peut en cacher une autre

Le forfait de Habibou Ouedraogo, véritable star à l’ASEC Mimosas et nouvellement Marseillaise, avait instillé le doute en Côte d’Ivoire avant la CAN. Finalement, c’est une autre N’Sira Safi Ouedraogo (18 ans) qui a porté les Éléphantes.

Avec deux buts et trois passes décisives en phase de poules, la coéquipière de Sery à Nordsjælland est la révélation offensive du tournoi. Intelligente balle au pied, vives dans les duels, elle plante mêmes des coups francs. Seule ombre au tableau, son expulsion pour pied haut face à l’Algérie en quarts.

Côté ivoirien, Inès Konan (24 ans) a également joué les premiers rôles. L’ex-Strasbourgeoise a signé cinq réalisations, dont un doublé face au Burkina Faso, et une passe décisive. Et parmi les attaquantes établies, Thembi Kgatlana (30 ans, Tigres UANL) et Barbra Banda (26 ans, Orlando Pride) n’ont pas déçu.

Comme un poison dans le dos des défenses adverses, la première a porté une Afrique du Sud à la peine avec ses quatre buts. La seconde, capitaine de la Zambie, a dévoré l’Égypte à elle toute seule avec un quadruplé et une passe décisive. Mais son total de cinq réalisations n’a pas suffi à sortir les Copper Queens de la phase de poules.

On l’a peu vue, mais elle est capable de magie dès qu’elle contrôle le ballon. Il s’agit de Kautar Azraf, 18 ans et pur produit de la Masia. La pépite du Barça propose déjà un jeu léché, des dribbles bien sentis ou encore des feintes de corps. Elle marque son premier but international face à l’Algérie dans le match pour la 3e place. Une star en devenir ?

Julien Helle-Nicholson

Photo © Monique Ngock / CAF

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