Il y a un mois, EA Sports dévoilait son nouvel opus de simulation de football. Toujours autant de joueuses, des modélisations encore plus fidèles et une immersion qui progresse d’année en année. Mais derrière les efforts visuels, certaines incohérences persistent, notamment dans la représentation des qualités sportives des joueuses.
Un gameplay qui requiert encore plus de maitrise
FC 27 poursuit les ajustements de gameplay entamés lors des précédentes éditions, mais certaines évolutions ne facilitent pas forcément la prise en main. C’est notamment le cas des passes, et plus particulièrement des passes en profondeur, devenues particulièrement difficiles à réussir. Le bon dosage ne suffit plus toujours : certaines actions nécessitent désormais de combiner deux, voire trois boutons simultanément. Une complexité qui peut rapidement rendre le jeu moins intuitif.
Les PlayStyles occupent également une place toujours aussi importante dans le gameplay. À tel point que le talent manette en main n’est plus gage de réussite sur certaines actions : encore faut-il disposer des joueuses dotées des bons PlayStyles. La maîtrise individuelle semble alors passer au second plan derrière les caractéristiques prédéfinies des cartes. Du côté défensif, en revanche, cette édition récompense davantage le placement manuel. Il faut s’impliquer pour bien défendre, mais les adeptes de lecture du jeu y trouveront leur compte.
Les joueuses encore plus réalistes… mais une évaluation parfois incohérente
C’est probablement l’un des points sur lesquels EA Sports continue de progresser le plus : les modélisations des joueuses sont encore plus convaincantes. Les visages sont fidèles, les animations gagnent en réalisme et l’ambiance des rencontres s’améliore. Les tribunes accueillent même parfois des figures familières, comme des joueurs de la section masculine venus assister à un match de leur équipe féminine. Un petit détail qui contribue à donner davantage de vie à l’ensemble.
Mais si les joueuses sont de mieux en mieux représentées visuellement, leurs qualités sportives mériteraient, elles aussi, un peu plus d’attention. Certaines notes statistiques semblent encore manquer de cohérence. Comment expliquer, par exemple, que Cristiana Girelli, joueuse remarquable mais âgée, soit plus rapide que la jeune Rose Kadzere (78 contre 74) ? Ou que Selma Bacha, latérale offensive, possède davantage de physique que Maëlle Lakrar (81 contre 77) ?
Ces exemples ne sont pas isolés et interrogent sur le travail de scouting réalisé par EA Sports. Sans demander le niveau de précision de Football Manager, dont le travail d’observation des joueuses permet de retranscrire beaucoup plus finement leurs qualités, il serait appréciable de retrouver des statistiques un minimum cohérentes avec ce que l’on observe sur les terrains. Le football féminin mérite mieux qu’une représentation visuelle soignée accompagnée de notes parfois discutables.
Rush et FUT : du plaisir, mais pour combien de temps ?
Le mode Rush est toujours aussi amusant. Sur terrain réduit, les équipes de cinq permettent de retrouver des rencontres rapides, techniques et souvent imprévisibles. Les joueuses y sont bien représentées et le mode reste une alternative sympathique aux matchs traditionnels. Peu de changements sont à signaler par rapport aux précédentes éditions. Une formule qui fonctionne, mais qui commence à être connue.
Du côté de FUT, les joueuses restent parfaitement compétitives face aux joueurs. Il est toujours aussi plaisant de construire une équipe en mélangeant les profils et les championnes, sans avoir à se soucier de leur genre. Voir l’agacement adverse face à la victoire d’une équipe entièrement féminine reste l’une des grandes satisfactions du mode Ultimate Team. Mais le plaisir de la progression semble particulièrement éphémère, cette année encore plus que les autres. En seulement dix heures d’essai gratuit, il est déjà possible de se constituer une équipe très solide. De quoi se demander quel intérêt il reste à faire évoluer son collectif sur la durée. Voici d’ailleurs notre équipe après ces dix petites heures : difficile de prétendre que la progression demande beaucoup de patience !

The Grounds : un monde ouvert qui peine à convaincre
Nouvelle porte d’entrée vers plusieurs fonctionnalités du jeu, notamment le mode Clubs, The Grounds propose un espace ouvert dans lequel les joueuses et joueurs peuvent se retrouver et participer à différentes activités. Sur le papier, l’idée est séduisante. Dans les faits, le résultat est plus mitigé : quelques bugs, une expérience qui ne donne pas forcément envie de s’attarder et un intérêt qui s’essouffle rapidement après les premiers jours de découverte.
Le système de mentors apporte tout de même quelques défis supplémentaires, notamment pour les personnes qui aiment compléter l’ensemble des objectifs proposés. On peut ainsi retrouver des joueuses comme Chloé Kelly pour accompagner sa progression. C’est sympathique, mais cela ne suffit pas à donner une véritable profondeur au mode. Après quelques jours, The Grounds ressemble davantage à un passage obligé qu’à un espace dans lequel on souhaite revenir régulièrement. Reste à voir si des évènements saisonniers y feront leur apparition pour relancer l’engouement.
Une immersion de qualité mais une formule encore très perfectible
FC 27 poursuit les efforts d’EA Sports pour rendre le football féminin plus visible et plus crédible dans son jeu. La plupart des championnats féminins disposent désormais de leur licence, les joueuses sont toujours mieux modélisées et les détails autour des rencontres contribuent à une immersion grandissante.
Mais le réalisme ne se limite pas aux visages et aux tribunes. Il passe aussi par la manière dont les joueuses sont évaluées, par la cohérence de leurs statistiques et par un gameplay qui laisse suffisamment de place à la maîtrise individuelle. Sur ces aspects, FC 27 a encore des progrès à faire. À quand un scouting à la hauteur des joueuses qu’il met en scène ?
Charlie Tott
Crédit photo : EA Sports
