Qualifié en finale de la Ligue des championnes, l’OL Lyonnes fait son retour au sommet européen cette saison. Mais les Lyonnaises ont été trop seules pour empêcher la France de céder sa 2e place à l’indice UEFA au profit de l’Espagne. Une situation qui n’est pas sans conséquences…
L’Angleterre et l’Espagne confirment leur domination
C’est une première en quinze ans. Depuis la saison 2010-2011, la France figurait systématiquement dans le top 2 européen : avec l’Allemagne jusqu’en 2024, puis avec l’Angleterre depuis la saison dernière. Mais comme les clubs Outre-Rhin avant elle, la France, 1ère à l’indice UEFA entre 2019 et 2024, voit sa domination s’estomper.
À l’issue de cette saison, l’Espagne (74,332 provisoire) est donc le nouveau dauphin de l’Angleterre, qui conserve sa première place (75,749), respectivement les deux dernières sélections finalistes de la Coupe du Monde et de l’Euro… comme un symbole. La France reste sur le podium mais se voit tout de même distancée (70,666 provisoire), quel que soit le résultat de la finale entre Lyon et le Barça.
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Car oui, les deux nouveaux cadors du football européen ne se contentent plus des victoires finales (Arsenal, en 2025, et Barcelone, en 2021, 2023 et 2024). Les deux nations arrivent désormais aussi à placer régulièrement leurs autres clubs en phase finale de LDC. Par exemple cette saison, la moitié des douze clubs du tableau final, barrages compris, étaient anglais (Arsenal, Chelsea, Manchester United) ou espagnols (Barcelone, Real Madrid et Atlético Madrid).
Le PSG plombe l’indice UEFA français
À l’inverse, la France a vu le PSG sortir dès la phase de ligue, laissant ensuite le Paris FC, éliminé en barrage de la phase finale, et surtout l’OL tenter de sauver l’indice français. Sans oublier la saison précédente, où l’OL s’était retrouvé complètement seul, entouré de clubs allemands, anglais et espagnols.
Cette rétrogradation à la 3e place a un impact direct sur les places qualificatives en LDC pour la France. Au lieu de deux places directes pour la phase de la ligue, l’Arkema Première Ligue n’en comptera plus qu’une pour la saison prochaine 2027-2028. Comme le souligne Le Progrès, cela aura aussi des répercussions sur la distribution des places par rapport aux play-offs. Depuis la réforme du règlement de l’Arkema Première Ligue à compter de la saison 2024-2025, le leader de la saison régulière pouvait toujours se qualifier directement pour la phase de ligue, même sans remporter les play-offs.
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Désormais, ce ne sera plus le cas. À moins d’un énième changement de règlement, seul le vainqueur des play-offs pourra désormais obtenir un billet direct pour la phase de la ligue de LDC tandis que les autres équipes les mieux classées de la saison régulière, y compris le 1er au classement, devront passer par le troisième tour qualificatif. Comme le titre d’ailleurs Le Progrès, « à l’avenir, OL Lyonnes n’aura plus le droit à l’erreur en play-offs pour se qualifier directement ».
La France va encore perdre de la marge
Et la France pourra-t-elle à nouveau contester ce top 2 ? Avec la perte de la saison 2021-2022 — lors de laquelle l’OL avait soulevé le trophée continental et le PSG atteint les demies — dans le calcul du coefficient la saison prochaine (seules les cinq dernières saisons sont prises en compte), la France va perdre une marge de plus de 7,000 points sur l’Angleterre et de près de 3,000 sur l’Espagne.
Il va donc plutôt falloir regarder ce qu’il se passe derrière car l’Allemagne sort d’une saison européenne tout à fait honorable. En LDC, le Bayern a atteint les demi-finales et Wolfsburg les quarts, tandis qu’en Coupe Europa (C2), Francfort s’est immiscé dans le dernier carré. Ces résultats ont permis à la Bundesliga de glaner le troisième coefficient cette saison (20,250), derrière l’Angleterre (24,750) et l’Espagne (22,833 provisoire).
La France n’arrive donc qu’en 4e position avec 17,333 points récoltés cette saison, en attendant la finale de l’OL, et va voir sa marge sur l’Allemagne fondre dans tous les cas. En ajoutant la perte de la saison 2021-2022, la France ne devrait compter que 4,000 points d’avance sur son voisin à l’Est. Les performances continentales de l’OL Lyonnes sont plus que jamais un arbre qui cache la forêt pour le football féminin français.
Julien Helle-Nicholson
Photo © Alice Gilloots / Footeuses
