L’équipe de France féminine s’est largement imposée ce 10 octobre contre la Lettonie. Le sélectionneur national Laurent Bonadei revenait sur ce succès sans appel en conférence d’après match.
Vous aviez parlé avant match de l’importance de l’état d’esprit, êtes-vous satisfait sur ce point après une rencontre où il n’y avait pas tant d’adversité ?
L’adversité, des fois, c’est nous-même. C’est pour cela que c’est important d’avoir un bon état d’esprit et de bonnes intentions. Ce qui a été le cas sur les deux mi-temps avec deux profils différents. En deuxième mi-temps, on a eu la volonté de fonctionner avec un système hybride qui se transformait en 3-4-3. C’était un peu plus difficile d’utiliser la largeur. On a eu un peu plus de jeu à l’intérieur et on tombe dans l’entonnoir mais c’est aussi dans ces moments-là qu’on apprend pour progresser.
Nous avons vu en première mi-temps beaucoup de combinaisons, de changements d’ailes, de variété à gauche entre Sakina, Océane et Selma. Comment jugez-vous cela ?
En première mi-temps, on jouait dans un système qu’on maîtrise maintenant depuis un petit moment. Avec le fait d’avoir des gauchères sur le côté gauche, ce que j’aime bien. Océane (Hurtré) s’est vraiment bien intégrée dans la relation à trois avec Sakina (Karchaoui) et Selma (Bacha). On a vu aussi des renversements sur le côté avec Kadi (Diani) et Melwen (N’Dongala) qui étaient bien écartées. On était sur un système qu’on maîtrise et que les joueuses ont bien utilisé avec Grace (Geyoro) en sentinelle, c’était presque parfait. En deuxième mi-temps, la contrainte que je leur avais imposée était d’avoir trois attaquantes avec Clara (Mateo), Kelly (Gago) et Marie (Katoto) qui étaient dans l’axe donc Sandy (Baltimore) ou Vicki (Becho) étaient un peu esseulées. Les automatismes étaient moins fluides mais on a tout de même vu des débordements.
Justement, qu’avez-vous pensé de la première d’Océane Hurtré ? Elle a semblé jouer sans complexes…
C’est ce que je disais sur la première action. Elle a joué son jeu, elle a percuté, fait de bons centres, marqué un but, pris du plaisir. Je lui disais avant match, « joue le football que tu sais, rentre dans cette équipe comme tu joues dans ton club ». Elle est entrée dans ce groupe avec beaucoup d’humilité mais aussi sa personnalité. Sur les séances d’entraînement, elle était très à l’aise, elle a un très bon niveau de jeu. Je ne suis pas surpris car cela fait un petit moment qu’on la suit. C’est une joueuse qui a de la qualité et qui va amener de la concurrence sur le côté gauche.
« Océane va amener de la concurrence à gauche »
Quels sont les axes d’amélioration sur cette rencontre, techniquement, tactiquement ?
Je dirai notre système en 3-4-3. Il y a encore des automatismes à créer. Il faut être un peu moins pressés d’aller dans l’axe, il faut qu’on soit un peu plus patient, fixer sur les côtés. La Lettonie a forcément en deuxième mi-temps plus fermé l’axe pour prendre moins de buts. On a encore une marge de progression.
Vous parliez de ce bloc bas adverse en avant-match, vous avez finalement dû être rassuré par la capacité de votre groupe à trouver des solutions ?
Il fallait faire vivre le ballon rapidement de droite à gauche pour créer des décalages. Que le jeu ne ronronne pas, qu’on prenne le match à la légère, ce qui n’a pas été le cas. Ni en première, ni en deuxième mi-temps. Les joueuses ont essayé de mettre du rythme pour produire du spectacle aussi pour les spectateurs venus nombreux. Je tiens à les remercier d’ailleurs.
Vous avez parlé des deux systèmes de jeu qu’on a vu, avec plus de difficultés sur la deuxième période, est-ce que vous allez plus travailler celui-ci à l’avenir ?
Déjà il y a deux ans, lorsque j’avais pris mes fonctions, sur les quatre premiers amicaux, on en avait fait trois en 3-4-3. Même contre l’Espagne, on avait joué en 3-4-3 et réussi à garder un peu plus de possession mais on avait encaissé 4 buts. Ce n’est pas un système si facile à maîtriser, il faut du temps et en sélection, on est sur des stages assez courts donc je profite des amicaux pour le mettre en place car je pense que cela pourrait être une bonne option par rapport aux joueuses qu’on a. Cela pourrait être bien de pouvoir alterner entre 4-3-3 et 3-4-3 en fonction des joueuses à disposition. C’est aussi une qualité à développer, la capacité d’adaptation, à la fois pour les joueuses mais aussi en fonction de l’adversaire.
Propos recueillis par Jérôme Flury
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