Sarah Sebastiao est symboliquement devenue samedi 19 septembre la première buteuse de l’histoire du championnat de France féminin de futsal. Ailière du Sporting Club Paris, elle a marqué dans le succès des siennes à Beauvais et prépare désormais le tour élite qualificatif à l’Euro avec la France.
Quelques jours après, l’émotion est-elle encore vive d’être devenue « la première » ?
On m’en parle encore, même au travail, je ne m’attendais pas à ce que cela prenne autant d’ampleur, que ce but ait été si marquant. C’était incroyable.
Avant ce match, y avait-il un peu d’appréhension au vu du contexte, une première, un adversaire peu connu ?
Pour ma part, premier match en D1, j’avais un peu d’appréhension. Surtout qu’on m’avait expliqué que Beauvais est une bonne équipe. Pas forcément une équipe de futsal, plutôt de foot à onze, mais on sait que cela court beaucoup. Les filles avaient joué contre elles en amical, j’avais compris que cela allait être un bon match. Mais je ne doutais pas de mon équipe, qui est composée de bonnes joueuses.
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Car cela fait un petit moment que vous êtes dans le circuit et que vous croisez un peu les mêmes adversaires, cela doit faire du bien de changer ?
Oui, franchement, je suis contente. Surtout que le futsal évolue, d’année en année, et c’est la première fois qu’on ne voit pas les mêmes têtes que l’année d’avant. En plus là, on croise des grosses équipes, cela fait du bien. Cela va nous permettre d’apprendre, d’évoluer encore plus vite.
Est-ce que pour vous qui travailliez à côté, c’est encore plus lourd en termes de planning, d’organisation ?
J’ai vu du changement oui, notamment avec la sélection où j’ai eu la chance et l’honneur d’être prise. Cela demande plus de travail. Là, dans ce championnat, il faut encore plus se préparer en dehors, encore plus que l’année dernière. Il y a de la fatigue mais ma vie quotidienne ne change pas.
C’est beau à voir cette évolution du futsal. Rien que les médias qui s’y intéressent. Je ne suis pas une « ancienne » du futsal, mais je vois que tout le monde essaye aujourd’hui de nous aider. Rien que la création d’une D1 est incroyable.
Ce fameux but, sur lequel vous êtes déjà revenue par ailleurs, pouvez-vous nous le raconter à nouveau ?
Le fameux ! Il y avait une touche, ma capitaine (Wafat Mari) m’a fait la passe. Je me retrouve justement face à la numéro 10 adverse, dans cette 10e minute, je n’ai pas réfléchi. Je protège ma balle, on me laisse un boulevard alors pointu, puissant, et c’est rentré. Dans mes matchs, j’utilise beaucoup le pointu. Auparavant, je l’utilisais peu ce geste mais depuis un an, je n’hésite pas car cela fonctionne bien… J’avais fini meilleure buteuse l’année dernière, alors je vais continuer à en faire (rires).

Par ailleurs, vous voici à nouveau convoquée chez les Bleues, en vue d’un tour élite qui s’annonce énorme avec l’Italie, l’Espagne, vous en avez conscience ?
Ma première sélection, je ne savais pas du tout. J’étais chez le mécano en train de réparer ma voiture et je reçois des appels de partout. Je ne comprenais pas, j’arrive toujours pas à réaliser. Après, je m’étais dit « bon, c’est la première, peut-être que je ne serais pas prise la prochaine fois… » et au final, je le suis encore ! En fait, je mérite vraiment ma place ici alors… Le travail paye. On m’avait dit qu’un jour, je pourrais toucher l’équipe de France, m’y voilà. C’est incroyable.
Il y a des filles qui sont dans ce groupe France depuis la création de l’équipe, comment s’est passé votre intégration ?
C’était génial ! Oui, il y a des filles qui sont là depuis longtemps, je me suis demandée si j’allais m’intégrer facilement mais oui, tout était incroyable. Les joueuses sont adorables. Le rassemblement, c’était 4 jours, j’avais juste un entraînement avec elles et on s’est retrouvées à jouer le Portugal. On m’a mis dans un premier 4 avec Faustine, Alex et Fiona et elles étaient vraiment cool avec moi, elles me réexpliquaient les tactiques, me mettaient à l’aise…
« J’ai envie d’être comme elles »
Vous aviez déjà affronté une équipe aussi forte ?
Ahh, oui c’est très, très fort. C’est là que je me suis rendue compte que c’est un autre monde là-bas. Alors en rentrant, je me suis dit, « ok, il y a du travail, je vais me donner à fond ! » Je ne réalisais pas encore le haut niveau étranger. J’ai envie d’être comme elles. Alors il faut travailler encore plus pour être à leur niveau.
Vous avez aussi connu pendant longtemps le monde du foot à onze, mais l’univers du futsal semble différent, la concurrence y est pour l’heure moins féroce ?
Niveau concurrence, cela ne change pas. Cela reste du foot. Mais c’est vrai que dans le futsal, c’est peut-être plus familial, dans le sens où nous sommes moins nombreuses qu’au foot à onze et ainsi plus souvent toutes ensemble. C’est vraiment une petite famille. Au final, on se connaît tous dans ce milieu.
Propos recueillis par Jérôme Flury
Photos FFF/Charles Léger
