En Suisse, priorité au football féminin !

L’Association Suisse de Football (ASF) a révisé la hiérarchie de ses championnats en faveur d’une meilleure classification du football féminin. Pour poursuivre la structuration du football féminin en Suisse, l’institution va également imposer des conditions d’accès à la Women’s Super League (1ère division féminine suisse), à compter du 1er juillet 2026.

Le classement des championnats féminins revus à la hausse

Dans la continuité d’un UEFA Women’s Euro 2025 réussi et du programme héritier UEFA « Here to stay », l’ASF a décidé de revoir son « ordre de priorités ». Spécificité de l’organisation du football suisse, ce classement sert de base aux municipalités dans l’attribution des terrains. Derrière cela, la fédération s’inscrit dans la lignée de son ambition nationale et européenne d’offrir des opportunités comparables aux footballeuses et footballeurs.

En résumé, la Women’s Super League devient la 2e priorité du football suisse et se classe devant le championnat de 2e division masculine. Les 4 premières divisions féminines et divisions jeunes féminines ont, elles aussi, été reclassées à la hausse. La 2ème division féminine passe de 6e à 4e priorité les ligues féminines U20, U18 et U16 passent de la 7e à la 6e, la 3e division féminine de 10e à 7e. Les ligues féminines U14, U13 et U12 et la 4e division féminine deviennent les 9e et 10e priorités du football suisse.

Ci-dessous, un tableau comparatif de l’ordre des priorités avant et après le 1er juillet 2026. Sans entrer dans le détail des championnats, le terme « division » renvoie au niveau (tier) (Division 1 = premier niveau ; division 5 = 5e niveau) :

Ordre des prioritésAvant le 1er juillet 2026Après le 1er juillet 2026
1Division 1 masculineDivision 1 masculine
2Division 2 masculineDivision 1 féminine
3Division 1 féminineDivision 2 masculine
4Division 3 masculineDivision 3 masculine Division 2 féminine
5Division 4 masculineDivision 4 masculine
6Division 2 féminineLigues U15-U19 masculines
Ligues U16-U20 féminines
7Ligues U15-U19 masculines
Ligue U20 féminine
Division 5 masculine
Division 3 féminine
8Division 5 masculineDivision 6 masculine
Division 4 féminine
9Division 6 masculineMixité U12-U13-U14
10Division 3 féminineDivision 7 masculine
Division 5 féminine

De nouvelles normes pour accéder à La Women’s Super League suisse

L’Association Suisse de Football a également annoncé la création d’une licence, effective dès la saison 2026-27, pour pouvoir jouer en Women’s Super League. Sans pour autant détailler les conditions exactes de cette licence, tous les clubs de l’élite féminine devront respecter des normes en termes d’organisation, d’infrastructures et de durabilité afin d’obtenir leur ticket. Cette mesure a pour objectif de construire un cadre fiable et favorable à la stabilité des clubs de Women’s Super League, de favoriser le développement du football féminin chez les jeunes filles et de coordonner le partage de l’espace médiatique entre l’élite masculine et féminine.

À l’instar de nombreux pays européens, la professionnalisation du football féminin semble être la suite logique de ce projet. L’Association Suisse de Football pourrait s’inspirer des modèles anglais, espagnol, français, allemand, ou bien créer son propre modèle à partir de celui du football masculin helvète.

Vers une professionnalisation de la Women’s Super League ?

Pour être éligible à la Men’s Super League, les clubs doivent avoir un staff composé d’un directeur sportif, d’un entraîneur principal, d’un entraîneur assistant, d’un entraîneur des gardiens, d’un préparateur physique, d’un médecin, d’un masseur-kinésithérapeute, d’un responsable technique espoirs et d’un responsable formation. Au sein du club doivent exercer un secrétaire et un directeur administratif, un manager général, un responsable financier, un responsable marketing, un responsable communication et médias, un speaker, un référent arbitres et un référent handicap.

L’UEFA Women’s Champions League a également des conditions d’éligibilité plus ou moins comparables à celle du championnat masculin suisse. Le staff doit être composé d’un responsable administratif, d’un responsable des médias, d’un médecin, d’un masseur-kinésithérapeute, d’un entraîneur principal, d’un entraîneur des gardiennes et d’entraineurs pour les équipes juniors.

Appliquer le modèle « masculin » ou mixte entre celui de la Men’s League et de l’UEFA Women’s Champion’s League est à la fois nécessaire pour le développement de la pratique féminine et hors-de-portée, compte tenu des réalités environnantes.

Même si Ramona Bachmann, l’une des plus grandes stars de la Nati, est de retour à Bâle, le football féminin suisse fait face à un exode massif de ses meilleures joueuses pour des raisons évidentes de retard de développement. La Suisse est également victime de sa géographie particulière (très montagneuse) qui favorise la création de pôles au détriment des « petites villes ».

Quel que soit le modèle sélectionné, la Women’s Super League fera nécessairement face – comme le championnat français dans un passé proche – à un championnat à deux vitesses, à l’avantage des plus gros. Au 15 janvier 2026, le Servette FC Chênois (de Genève) compte 32 points soit 7 points d’avance sur les Grasshoppers de Zürich, 9 points d’avance sur les Young Boys de Berne et 10 points d’avance sur le FC Zürich et le FC Bâle – 4 des 5 plus grandes villes du pays.

Le Servette Genève et les Young Boys de Berne, les deux derniers champions en titre se sont affrontés le 6 décembre pour une victoire des hôtes 1-0.

Camille Thomas

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