À 22 ans, Vicki Becho a rappelé qu’il fallait encore compter sur elle. Et suite à la blessure de Diani, son timing est parfait pour l’OL…. et même les Bleues ?
Elle a marqué la finale de la Coupe de France de son empreinte. « Vickinho », comme on la surnomme à l’OL, a régalé avec un doublé de grande classe contre le PSG au Stade du Hainaut (4–1). Deux fois servies par Jule Brand, Becho s’illustre d’abord avec une barre rentrante de la tête, après avoir remporté son duel face à Olga Carmona, avant d’inscrire une délicieuse volée extérieur du pied. Le tout en cinq minutes. Rien que ça.
Plus jeune Française à inscrire un but dans un Mondial
Il y a trois ans, Vicki Becho semblait déjà capable de coups de génie. Surtout que les attaquantes lancées sérieusement par l’OL se comptent sur les doigts d’une main ces dernières années. Hormis Melvine Malard voire Delphine Cascarino, Becho faisait déjà figure d’exception. Avec 31 matchs toutes compétitions confondues lors de la saison qui l’a révélée, en 2022-2023, elle incarnait aussi la relève chez les Bleues.
Convoquée pour le Mondial 2023 en Australie par Hervé Renard à seulement 19 ans, elle grille les étapes et y inscrit son premier but international, un record de précocité pour une Française dans un Mondial. Mais deux saisons et 19 sélections plus tard, la promesse du feu-follet venu de Montreuil s’assombrissait.
Temps de jeu limité et retour avec la France U23
Les performances de Becho ne décollent pas et l’OL n’hésite pas à se renforcer sur les ailes non plus. La montée en puissance de Kadi Diani, arrivée en 2023, puis Tabitha Chawinga en 2024, toutes deux en provenance du PSG, le club formateur de Becho, vont inciter Joe Montemurro à la reléguer en joker lors de la saison 2024-2025.
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Mais cette page est désormais tournée. Cette saison est longue et comme l’a confirmé Vicki Becho après la finale de Coupe de France le week-end dernier, l’objectif des Lyonnaises est de « remporter les quatre trophées ». La rotation est donc primordiale. Mais surtout, la grave blessure au genou de Kadi Diani, habituelle ailière droite lyonnaise, remet Becho sur le devant de la scène. Pour Jonatan Giráldez, sa prestation en finale est « bonne pour la confiance » qu’il lui accorde dans l’optique de pallier cette absence.
Une joker de luxe pour le quadruplé en l’absence de Diani
Cette saison était attendue comme un tournant pour sa jeune carrière. À 22 ans, Vicki Becho l’avait bien intégré. Plus tranchante dans ses appels, plus complète dans le jeu, elle l’a démontré avec un triplé début octobre face à Lens, puis un superbe mois de décembre lui valant une nomination pour la joueuse du mois en Arkema Première Ligue. Mais c’est surtout en cette fin de saison qu’elle impressionne. Avant la demi-finale de play-offs face à Nantes ce week-end, elle cumule 3 buts et 2 passes décisives sur de ses quatre dernières titularisations. Efficace.
Et même si elle n’est toujours pas titulaire indiscutable, l’arrivée de Jonatan Giráldez va lui permettre de retrouver la confiance en tant que second couteau. Becho « est l’une des joueuses les plus utilisées cette saison (8e temps de jeu), assurait le coach lyonnais après la finale. Et même si dans les matchs elle rentre souvent en seconde période, elle est toujours prête ».
Avec 12 buts en 32 matchs toutes compétitions confondues, dont 8 en championnat, Becho ravive une nouvelle fois les espoirs placés en elle, et son apport sera déterminant en play-offs et en finale de LDC face au Barça. Pour « Vickinho », la possibilité de retrouver les Bleues, lors du prochain rassemblement en juin ne semble pas non plus hors de portée. Après plus d’un an chez les U23, la relancer en A ne serait pas une mauvaise idée au regard du manque d’efficacité de l’équipe de Laurent Bonadei.
Julien Helle-Nicholson
Photo © Footeuses / Théo Domingues
