L’Australie et le Japon, fortement dépendantes de la WSL anglaise, ont dévoilées leurs listes pour la Coupe d’Asie, ce qui aurait influencé des aménagements de calendrier.
Sélections, FA Cup et Coupe d’Asie : la WSL en standby
Les dynamiques du football mondial ont changé. Et la Coupe d’Asie qui se profile, ayant lieu le mois prochain en Australie, en est la preuve. Il suffit de regarder le championnat anglais, la WSL, le plus riche d’Europe et qui s’est installé en tête du championnat UEFA depuis l’année dernière. Le pays étranger le plus représenté est… le Japon avec un contingent fort de 20 joueuses. Plus attendue, son homologue asiatique l’Australie y compte 13 joueuses.
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Mais les pays asiatiques doivent composer avec une compétition continentale qui a lieu tous les quatre ans en début d’année. Pas de panique, la FIFA et l’AFC se sont presque accordées. En effet, la fenêtre internationale de février-mars est de « Type II ». Elle permet aux sélections nationales de jouer trois matchs au lieu de deux pour celles de « Type I ». Cette trêve a donc lieu entre le 24 février et le 7 mars tandis que la Coupe d’Asie est prévue du 1er mars au 21 mars… bon, ça se recoupe, mais pas totalement.
Un nouveau contexte : l’afflux de Japonaises en WSL
Comme indiqué, la Coupe d’Asie se déroule toujours dans ces eaux-là. En 2022, par exemple, elle a eu lieu du 20 janvier au 6 février en Inde. Cette période ne chevauchait pas du tout une fenêtre internationale. Les clubs de l’élite anglaise ont donc du faire sans 12 joueuses dont quatre rien qu’à Arsenal. Elles manquèrent deux, voire trois matchs domestiques.
Mais à l’époque, onze des ces 12 joueuses étaient Australiennes, un contingent relative stable avec cette nouvelle édition. Le vrai changement vient du Japon, qui ne comptait qu’une joueuse de WSL dans l’édition 2022. Depuis, les meilleures Japonaises ont progressivement délaissées leur championnat, la WE League, pour s’installer en WSL.
Cela ne surprend pas l’entraineuse adjointe du Japon, Leah Blayney. « Ce sont des joueuses très techniques et extrêmement solides. […] Elles demandent le ballon, donc si vous les intégrez dans une équipe qui veut avoir la possession et connecter les lignes, une joueuse japonaise est un apport extrêmement précieux » affirmait l’Australienne pour BBC Sport.
Pour cette Coupe d’Asie 2026, la WSL s’est donc adaptée malgré elle. Alors que les clubs d’autres pays européens s’arrêtent environ deux ou trois semaines, les clubs anglais, eux, s’arrêtent un mois. La WSL a entamé sa trêve le 15 février, et reprendra le 15 mars. Hormis, la fenêtre internationale, le championnat laisse également place à la FA Cup ce week-end.
Manchester City et Everton sont les plus impactés
C’est plutôt la date de la reprise qui intrigue. Selon SheKicks, le média anglais dédié au football féminin, la WSL se serait adaptée à la Coupe d’Asie, qui prive le championnat de 28 joueuses, au moins jusqu’au 10 mars, date de la fin de la phase de groupes, et potentiellement jusqu’au 21 mars, date de la finale. Sauf surprise, l’Australie et le Japon devraient tous deux passer la phase de groupe.
Mais les raisons de cet aménagement n’a pas été confirmé par la ligue anglaise. À titre de comparaison, les clubs allemands, anglais ou français, retrouveront les terrains en milieu de semaine vers le 11-12 mars. Les clubs anglais feront eux leur retour le dimanche 15 mars sauf Brighton et West Ham, qui reprendront le 18 mars.
En effet, Chelsea et Manchester United, qui devaient respectivement affronter Brighton et West Ham le 15 mars, seront opposés en finale de la Coupe de la Ligue ce jour-là. Ils joueront ensuite leur match en retard de championnat le 18 mars avant une nouvelle journée de championnat le week-end du 21 mars. Le retour décalé des clubs anglais n’aurait donc quasiment aucun en effet. Les Japonaises et Australiennes de WSL pourraient manquer une, deux, voire trois rencontres selon les cas !
La WSL n’a pas confirmé les raisons derrière l’adaptation de son calendrier
Sans surprise, les 28 joueuses de WSL convoquées sont Japonaises ou Australiennes et tous les clubs sont concernés. Les deux clubs les plus impactés sont Manchester City et Everton. City voit partir Mary Fowler, qui revient tout juste de blessure, et ses trois titulaires japonaises, la gardienne Ayaka Yamashita, ainsi que les milieux Yui Hasegawa, capitaine de la sélection, et Aoba Fujino. Les Toffees doivent-elles se séparer de Clare Wheeler (AUS), Hikaru Kitagawa (JAP), Honoka Hayashi (JAP) et Rion Ishikawa (JAP). Elles pourront tout de même remercier le sélectionneur du Japon, Nils Nielsen, de se passer des services de Yuka Momiki.
Arsenal voit aussi ses effectifs réduits plus longtemps que prévu avec trois Australiennes convoquées : Steph Catley, Caitlin Foord et Kyra Cooney-Cross. Idem pour son rival Tottenham — Toko Koga (JAP), Maika Hamano (JAP) et Clare Hunt (AUS) — et Brighton — Moeka Minami (JAP), Kiko Seike (JAP) et Charlize Rule (AUS).
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Les autres Australiennes de WSL convoquées par Joe Montemurro, l’ancien coach de Lyon, sont : la capitaine Sam Kerr et Ellie Carpenter (Chelsea), Katrina Gorry (West Ham), Alanna Kennedy (London City Lionesses) et Emily van Egmond (Leicester) — qui pourrait d’ailleurs battre le record de sélections lors de la compétition.
Le Japon comptera aussi dans ses rangs : Hinata Miyazawa (Manchester United), Riko Ueki (West Ham), Saki Kumagai (London City Lionesses), Maya Hijikata (Aston Villa), Risa Shimizu et Fuka Nagano (Liverpool).
Ailleurs en Europe, l’Arkema Première Ligue affecté aussi
En Angleterre toujours, d’autres clubs sont aussi concernés ! L’Australienne Kaitlyn Torpey (Newcastle, WSL2) et la Philippine Nina Moello (Real Bedford, D3). Dans les autres grands championnats non-asiatiques, la France n’est pas épargnée. La gardienne remplaçante d’OL Lyonnes Teagan Micah représentera l’Australie. Dans le même temps, Dijon devrait perdre les Chinoises Wang Yanwen et Wu Chengshu — la sélection chinoise n’ayant pas encore été annoncée par Ante Milicic.
En Europe toujours, en Suède, le championnat sera préservé mais la Coupe de Suède, qui a déjà démarré ne le sera pas. Les clubs de Damallsvenskan voit cinq de ses joueuses faire le voyage en Australie : les Australiennes Jada Mathyssen-Whyman (AIK), Remy Siemsen (Rosengård), Amy Sayer et Courtney Nevin (Malmö), ainsi que la Bangladaise Anika Rania Siddiqui (Brommapojkarna).
La NWSL impactée, la Super Ligue canadienne épargnée
De l’autre côté de l’Atlantique, aux États-Unis, la NWSL n’a pas encore repris mais pourrait constater quelques absences lors des deux premières journées. La gardienne australienne Mackenzie Arnold, la pépite coréenne Casey Phair, mais aussi les Japonaises Manaka Matsukubo (North Carolina Courage), Mina Tanaka et Miyabi Moriya (Utah Royals) pourraient manquer à l’appel dès la reprise le 14 mars.
Enfin, la Super Ligue du Nord, reste indemne des convocations de six joueuses asiatiques. En effet, le championnat canadien ne reprend que fin avril. Les Coréennes Choo Hyo-joo et Jung Min-young (Rapide d’Ottawa), Kang Chae-rim (Roses de Montréal), les Philippines Jessika Cowart (Rise de Vancouver) et Jaclyn Sawicki (Wild de Calgary), et l’Australienne Kahli Johnson (Wild de Calgary) ont été sélectionnées pour disputer la Coupe d’Asie.
Julien Helle-Nicholson
Photo © FIFA
