La FIFA a dévoilé son rapport mondial sur les transferts 2025, un bilan qui voit le football féminin exploser le record des sommes dépensées en transferts.
C’était l’année des records pour le football féminin. Après avoir gagné du terrain sur les audiences et billets vendus en Arkema Première Ligue, le marché des transferts du football féminin vient de franchir lui aussi un cap historique. Selon les chiffres publiés par la FIFA, £20,7 millions (24,2 millions d’euro) ont été dépensés en transferts internationaux cette année (contre 13 milliards chez les hommes). Un bond de 83,6 % par rapport à 2024. Et ce chiffre ne prend en compte que les transferts internationaux, les mouvements au sein d’un même championnat ne sont pas inclus.
Cette hausse des dépenses s’inscrit dans une dynamique globale de croissance du marché. En 2025, 2 440 transferts internationaux ont été enregistrés, soit +6,3 % en un an.
Au total, 135 clubs ont payé des indemnités de transfert, tandis que 155 clubs ont perçu de l’argent grâce au départ de joueuses.
L’Angleterre et les États-Unis en tête des dépenses

Sans surprise, les championnats les plus puissants économiquement mènent la danse. L’Angleterre s’est hissée au rang de premier pays dépensier, avec £7,9 millions (9,2 millions d’euros) investis en 2025, devant les États-Unis (£5,8 millions soit 6,8 millions d’euros).
Et c’est l’internationale française Grace Geyoro passée du PSG à London City Lionesses pour un montant estimé à £1,4 million qui illustre le mieux cette progression. Chelsea s’est également illustré sur le marché, en figurant dans deux des cinq plus gros transferts de l’année, avec les arrivées de Naomi Girma et Alyssa Thompson.
Un marché plus cher, plus jeune…
Derrière l’explosion des montants, un autre indicateur raconte l’évolution du marché : l’âge des joueuses transférées. En 2025, une joueuse changeant de pays avait en moyenne un peu plus de 24 ans. Mais lorsque de l’argent est engagé, ce chiffre baisse. Les transferts payants concernent des joueuses plus jeunes, autour de 23 ans, tandis que les mouvements sans indemnité impliquent davantage des profils plus expérimentés.
Concrètement ? Les clubs investissent tôt. Les joueuses de 18 à 23 ans concentrent le plus grand nombre de transferts avec indemnité, dans une logique de volume, d’anticipation et de potentiel. À l’inverse, les 24-29 ans restent les profils les plus chers en moyenne : moins nombreuses, mais perçues comme des valeurs sûres, prêtes à performer immédiatement.
… mais pas plus sécurisé

Cette montée en puissance financière ne s’accompagne pas (encore) d’une vraie sécurisation contractuelle. En moyenne, les contrats signés lors de transferts internationaux durent un peu plus de 16 mois. Plus de 40 % ne dépassent même pas un an. Les engagements longs restent l’exception : moins de 6 % des contrats excèdent trois ans.
Cependant, plus la joueuse est jeune, plus le club s’inscrit dans la durée. Les moins de 18 ans bénéficient de contrats sensiblement plus longs, proches de deux ans et demi en moyenne, une logique déjà bien installée chez les hommes, et qui s’impose progressivement chez les femmes.
Et les joueuses dans tout ça ?

Côté rémunération, les chiffres confirment une double réalité. D’un côté, le salaire médian reste modeste, autour de 20 000 dollars annuels. De l’autre, la part de joueuses gagnant plus de 50 000 dollars par an progresse nettement. Désormais, plus d’une joueuse sur cinq (21,7 %) dépasse les 50 000 dollars à l’année, contre 17,4 % seulement l’année précédente. Signe que le plafond commence à céder, des contrats à plus d’un million de dollars annuels apparaissent pour la première fois dans le football féminin professionnel. Un cap symbolique.
Mais qui reste réservé à une infime élite : seuls 0,5 % des contrats signés en 2025 dépassent cette somme. On pense notamment à la jeune de Washington Spirit, Trinity Rodman qui vient de signer un nouveau contrat de 2 millions de dollars par saison ce qui fait d’elle la joueuse la mieux payé au monde.
L’Europe au centre du jeu
Sur le plan géographique, le marché reste largement cloisonné. Près de deux tiers des transferts (60,5 %) s’effectuent encore au sein d’une même confédération. Et dans ce jeu de zones, l’UEFA écrase la concurrence : 43,4 % de tous les transferts internationaux ont lieu entre clubs européens.
Derrière ce bloc central, les échanges les plus fréquents relient l’Europe à l’Amérique du Nord, avec 177 mouvements de la Concacaf (USA-Canada-Mexique)vers l’UEFA et 149 dans le sens inverse. Plus loin, l’activité reste soutenue à l’intérieur des autres confédérations, notamment au sein de la Confédération africaine de football (147 transferts) et de la Confédération sud-américaine (126).
