Le club de Thonon Evian Grand Genève s’est positionné en outsider dans la Seconde Ligue. La capitaine Coline Stephen, qui connaît bien la région et le club, parle de cet effectif encore méconnu.
Coline, comment êtes-vous tombée dans le football ? C’est en plus une région plutôt axée sports d’hiver…
Toute ma famille est dans le football. Mon père, mon frère, mes deux grands-pères, même ma mère et ma tata ont joué. J’ai toujours baigné dedans. Mon père a évolué au niveau national, puis a entraîné, mon frère aussi en a fait son métier, il est entraîneur.
Comment décririez-vous le projet du club de Thonon et votre effectif, qui compte des nationalités très diverses ?
Thonon est une petite ville que peu connaissent mais le cadre de vie est exceptionnel avec le lac, les montagnes. En ce qui concerne les joueuses, en effet, on a différentes nationalités. On peut leur apporter des choses qu’elles n’ont pas et inversement. On parle différentes langues dans le vestiaire, il y a un peu d’anglais, un peu d’allemand.
Comment expliquez-vous les bons résultats de ce collectif cette saison ? La cohésion de groupe, le talent individuel des joueuses ?
Un peu des deux, on a des joueuses jeunes, d’autres plus expérimentées. Notre force, c’est la solidarité du groupe. Depuis la venue d’Alfred (Picariello), il essaye de mettre cela en place.
C’est un groupe avec des jeunes, des moins jeunes, des étrangères… Cela fait beaucoup de choses à gérer en tant que capitaine ?
Oui, mais même si nous sommes toutes différentes, on s’entend toutes bien. Il n’y a pas de groupe, tout le monde parle avec tout le monde. Je ne parle pas trop anglais (sourire), alors d’autres joueuses sont de bons relais aussi.
L’avis de Wissem Bouzid sur sa capitaine : « Coco ? C’est une personne très calme, dans son coin, mais chambreuse aussi. Je la vois rigoler ! C’est une très bonne personne en tout cas, je pense qu’on est complémentaires et le feeling passe bien avec elle. C’est une capitaine exemplaire, 10 sur 10 ! »
C’est un championnat relevé. Quelles sont vos ambitions en tant que capitaine de cette équipe ?
C’est vrai que cela a progressé. Lorsque je suis arrivée à Thonon, il y avait encore les deux poules. Là, aujourd’hui, il est impossible de savoir à l’avance qui s’imposera dans les matchs du week-end. Nous essayons de faire le maximum pour faire une bonne saison, se maintenir le plus rapidement possible puis grappiller des places…
Pensez-vous que l’équipe est suffisamment médiatisée ou mériterait un peu plus de projecteurs ?
Nous ne sommes pas beaucoup mises en avant car Thonon n’est pas très connu, les gens connaissent plus Evian. Après, on a aussi nos garçons en N3, comparé aux autres équipes de Seconde Ligue où leurs équipes masculines sont pro.
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Vous avez à titre personnel connu peu de blessures en carrière. C’est le côté travail invisible, la préparation qui fait beaucoup ?
Je fais attention au sommeil, l’alimentation, l’hydratation. Je suis quelqu’un qui vient très tôt avant l’entraînement pour prévenir les risques de blessure, je pense aussi que cela m’aide. On a un préparateur physique, un kiné disponibles les après-midi. A Dijon, quand j’étais en D1, on avait deux kinés, mais seulement deux fois par semaine. Là, je pense que sur ce point, cela a beaucoup évolué.
Vous avez déjà joué en D1, cela vous manque ou est-ce que la deuxième division est si excitante que la différence n’est plus si grande ?
C’est vrai que cela ne me manque pas plus que cela car avec le championnat de D2 qu’on a, tout le monde peut gagner contre tout le monde, ce qui n’est pas le cas en première division. Je me rappelle quand je jouais à Dijon, quand on allait à Lyon ou au PSG, on savait d’avance que c’était compliqué…
Qu’est ce qui vous rend le plus fière, votre belle série en championnat ou les parcours en coupes (16e de coupe de France contre l’OM et quart de coupe LFFP contre le PSG) ?
Le commencement du championnat a été compliqué, le groupe avait beaucoup changé, Alfred était arrivé. Puis on a commencé à aller vers le haut. Après, le parcours en coupes nous rend fières car on a été éliminées par des D1. D’être la seule équipe de Seconde Ligue à se hisser en quarts de la coupe de la ligue est une fierté. Cette coupe nous a fait du bien aussi en championnat. Et le tournant en championnat, c’est la victoire à Toulouse, car nous n’étions pas attendues.
« D’être la seule équipe de Seconde Ligue à se hisser en quarts de la coupe de la ligue est une fierté. »
La montée n’est pas une ambition cette année mais on commence à se dire que cela pourrait être accessible dans les années à venir ?
Pour l’instant, on essaye déjà de rester le plus longtemps possible en D2. Mais après, pourquoi pas, si tout le permet. Notre groupe peut progresser, il y a beaucoup de jeunes. Des fois, cela pèche en maturité sur certains matchs. Nos deux défenseures centrales qui prennent rouge à Lille sont nées en 2005 et 2006, c’est très jeune ! C’est un point sur lequel progresser, la maturité.
Vous-même, pensez-vous encore avoir des points à travailler après toutes ces années dans les championnats nationaux ?
Toujours, après, la technique, la tactique, on l’a toutes. Mais sur certains matchs, on n’arrive pas à s’exprimer sur le terrain comme on le voudrait. Il faut continuer à travailler. En tout cas, je suis bien à Thonon et si un jour je peux monter en D1 avec le club…
Propos recueillis par Jérôme Flury
Photo ©Thonon Evian Grand Genève
