Entretien avec Karima Taieb, la plus expérimentée des Marseillaises

La nouvelle gardienne de l’OM féminin cette saison, Karima Taieb, est arrivée en Provence après trois saisons à Manchester City. L’internationale française revient sur ce nouveau challenge.

Pourquoi avoir signé à l’OM cet été ? 

J’avais envie de revenir en France, de jouer. C’était aussi une volonté personnelle de revenir dans le sud de la France. Et c’est un choix sportif. La D2 je ne connaissais pas, c’était un projet intéressant à l’OM, qui a commencé justement cet été. Avec un objectif de monter en D1. 

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Que gardez-vous de votre passage à Manchester City ? 

C’était une très belle aventure pour moi. Cela reste un magnifique championnat, de très haut niveau, où j’ai passé trois belles années.  

Avez-vous eu le sentiment qu’une petite fin de cycle approchait ? Beaucoup de joueuses ont quitté le club cet été.

Je l’avais senti, en effet. Il y a eu beaucoup de départs, pas seulement des transferts. Je pense que l’équipe des trois, cinq dernières années de Manchester arrivait à une fin de cycle. Il y a eu des fins de carrière aussi avec (Jill) Scott et (Ellen) White. Aujourd’hui je les suis toujours, elles font de bons résultats, cela ne change pas.

« L’équipe de Manchester arrivait à une fin de cycle. »

Que pensez-vous de la D2 actuelle ? C’est forcément différent du championnat anglais mais êtes-vous agréablement surprise ou bien les écarts de niveaux sont encore conséquents ? 

C’est vrai que je suis agréablement surprise. Par exemple à l’OM, nous avons un staff très compétent et professionnel, qui nous pousse toutes à être meilleures chaque week-end. Dans ce groupe B, il y a encore quelques différences de niveau. Il y a aussi des terrains très compliqués… Mais cela reste un championnat intéressant. 

Le groupe A semble plus dense, dans ce groupe B, on semble déjà se diriger vers un match à distance Saint-Étienne – Marseille… L’objectif pour vous cette saison, c’est la montée ? 

La saison est longue, on ne va pas s’avancer, il faut prendre match après match. Saint-Etienne a gagné tous ses matchs, nous savons que la partie contre elles va être compliquée. On se préparera pour. Cette année le championnat est peut-être encore plus intéressant ou compétitif avec le nombre de relégations annoncées, chaque semaine il faut être à 100%. 

Avez-vous un avis sur la mise en place de la D3, pensez-vous que c’est une bonne chose ?  

Je n’ai pas spécialement d’avis, mais quand je jouais en D1, la D3 existait déjà. J’y ai joué quelques matchs, c’était intéressant car cela permettait aux équipes de D1 d’avoir une réserve compétitive. 

Nous parlons souvent de l’évolution du poste de gardienne. Qu’en pensez-vous ?  

L’évolution est grande depuis que j’ai commencé, surtout sur l’utilisation du pied. Aujourd’hui, c’est un point primordial. J’ai vu principalement l’évolution quand je suis partie en Angleterre. Les entraînements et la façon de jouer sont différents. Sur le jeu au pied et le positionnement, j’ai appris des choses là-bas. 

« L’évolution du jeu au pied chez les gardiennes a été grande »

Quel regard portez-vous sur le football anglais par rapport à la France, en termes de développement et de moyens mis en œuvre ? 

En quelques années, ils ont développé un très haut niveau. Que ce soit sur le plan des infrastructures, les terrains, j’ai joué aussi à l’Etihad Stadium. Nous avons pu jouer dans pas mal de stades professionnels. Et simplement, la ligue est compétitive. Je pense que travailler en tant que professionnelle la semaine permet d’offrir du spectacle le week-end.

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Quel regard avez-vous sur vos coéquipières ? Quelles sont leurs principales qualité, l’état d’esprit, le jeu défensif ? 

Je mettrai en avant la solidarité, la rigueur. Les joueuses sont travailleuses, chacune est concernée, sait sa mission, ce qu’elle a à faire chaque weekend, avec un objectif qui nous rassemble, cette ambition de monter.

« Chaque joueuse de l’OM connaît bien sa mission cette saison. »

Comment ça se passe avec les deux Anaïs (Elie et Hatchi, les deux autres gardiennes) ? Vous êtes leur grande sœur ? 

Je suis très contente d’être avec elles à l’entraînement, on s’entend très bien, on échange, je leur donne des conseils, surtout à la plus jeune qui a 19 ans (Anaïs Elie). Je suis aussi là pour cela.

La victoire de l’Angleterre à l’Euro, c’était logique d’après vous qui avez joué avec certaines des championnes ? 

Je ne suis pas surprise, une grande partie avec lesquelles je jouais l’an dernier, pour moi, techniquement, tactiquement, mais aussi mentalement, elles sont complètes. De les voir gagner cet été ne m’a pas surprise.

Propos recueillis par Jérôme Flury

Photo ©OM Féminines

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