Huées sur chaque ballon, hymne perturbé… la Team USA a vécu un avant-goût du Mondial au Brésil

Les 6 et 9 juin derniers, les États-Unis se sont rendus au Brésil pour deux matchs amicaux de prestige. Une double confrontation marquée autant par le spectacle sur le terrain que par l’hostilité des tribunes, à un an de la Coupe du monde 2027.

Une répétition générale avant le Mondial pour la Team USA. Même si les Américaines ne sont pas officiellement qualifiées pour la Coupe du monde 2027 au Brésil, les protégées d’Emma Hayes ne devraient pas manquer le rendez-vous sauf catastrophe lors du Championnat de la CONCACAF de fin d’année.

À lire aussi : Taina Maranhão, le nouveau joyau offensif de la Seleção

En tout cas, le Brésil attendait les quadruples championnes du monde de pied ferme et le leur a vite fait savoir. À São Paulo, dans l’Arena Corinthians, les spectateurs locaux leur ont réservé un bien bel accueil. Selon The Mirror, des chants présentés comme anti-Trump ont perturbé l’hymne américain. Mais ce sont surtout les quinze premières minutes qui ont donné le ton. Les huées d’une foule de plus de 30 000 spectateurs acquis à la Seleção ont accompagné chaque possession américaine.

Une Team USA complètement déstabilisée à São Paulo

Cueillies à froid dès la 2e minute par l’ouverture du score de Sophia Wilson, pour son premier but en sélection américaine depuis son retour de congé maternité, des Brésiliennes galvanisées ont renversé la vapeur coup sur coup. Une tête parfaitement placée de Taina Maranhão pour l’égalisation (11e), puis une réalisation à bout portant de sa coéquipière de Palmeiras Bia Zaneratto (14e) et le Brésil virait en tête.

Déstabilisées, les Américaines n’ont jamais su inquiéter franchement, hormis peut-être la frappe lointaine de Claire Hutton repoussée sur la barre par Lelê à la 57e minute. Le Brésil a même la balle du break au bout du pied mais Gio Garbelini n’appuie pas assez son lob dans le temps additionnel. Le Brésil s’impose 2–1 pour ce premier acte déjà fou.

« Si on choisit la facilité, on reste à la maison dans notre zone de confort, avec un public acquis à notre cause. L’hostilité qu’on a vécue dans les quinze premières minutes, c’est la première fois que je vois ça de toute ma carrière ».

Emma Hayes, la sélectionneuse des États-Unis après la défaite face au Brésil le 6 juin

Marquées par ce climat hostile, les Américaines ont trouvé du réconfort dans le discours d’après-match d’Emma Hayes, leur sélectionneuse. « Je suis heureuse que nous ayons pu vivre ce genre de situation car il faudra mieux ce premier quart d’heure de folie la prochaine fois, affirmait la technicienne britannique à son équipe. Et quand ça se reproduira, il ne faudra rien lâcher et apprendre à jouer dans cette ambiance si nous voulons remporter le plus grand des titres. »

Revanchardes, les Américaines ont bravé le chaos brésilien

Pour savoir si les Américaines avaient bien retenu la leçon, direction Fortaleza trois jours plus tard à l’Arena Castelão, cette fois devant plus de 55 000 spectateurs. Plus incisives, elles ont cette fois rappelé pourquoi elles restent la référence mondiale. Mais les provocations et fautes d’antijeu des deux côtés ont tout de même donné du fil à retordre à Paola Cebollada López.

L’arbitre espagnole a distribué cinq cartons jaunes côté américain mais surtout quatre cartons rouges côté brésilien dont deux pour Kerolin et Ludmila dans une grande confusion lors d’une fin de match chaotique. Sur le banc, le sélectionneur de la Seleção Arthur Elias ainsi que plusieurs membres de son staff ont aussi été exclus.

C’est Sophia Wilson, décidément bien en jambes, qui va à nouveau faire la différence d’une frappe déviée par Isabela à l’heure de jeu. Suffisant pour que la Team USA prenne sa revanche (0–1). Mais les Américaines auraient pu s’imposer plus largement sans une Lorena exceptionnelle dans les cages, notamment autrice d’un double arrêt fantastique sur Emma Sears et Sophia Wilson avant la pause.

Emma Hayes a souhaité décrire cette tournée comme « une expérience inoubliable ». Si la sélectionneuse américaine reconnaît que « la foule crée les conditions pour rendre les choses difficiles », elle assure que son équipe sera « ravie de revenir ici » en cas de qualification. À un an du Mondial 2027, le Brésil a déjà envoyé un message et les favorites américaines savent désormais à quoi s’attendre.

Julien Helle-Nicholson

Photo © Lívia Villas Boas / CBF

Articles similaires

Les plus lus