Pratiquer du football, tout simplement. Si depuis plusieurs années, les licenciées augmentent dans plusieurs pays comme en France, dans d’autres parties du monde, il reste compliqué de tenter sa chance. Un documentaire disponible sur Arte s’intéresse au cas afghan.
Dans ce pays, disputer un match de football relève presque de l’impossible pour une femme. En Afghanistan, le sport n’est pas bien vu pour les femmes. Arte a réalisé un reportage sur le sujet, en s’intéressant plus spécifiquement à Madina Azizi. La jeune femme de 23 ans faisait partie de la sélection nationale afghane et entraîne désormais une équipe de filles à Kaboul. Dans une ville qui n’arrête plus de croître, aller taper dans un ballon est loin d’être anodin.
« Quand j’étais encore au lycée, les profs me donnaient de moins bonnes notes quand ils apprenaient que je jouais au football« , explique Madina Azizi, qui est également contrainte de rentrer tôt chez elle le soir et ne peut ainsi pas assister au match de la sélection nationale masculine.
Entre quelques entraînements sur le terrain de l’université et de multiples coups de fil pour trouver un adversaire, le combat quotidien de Madina pour maintenir en vie une association sportive féminine est illustré par le documentaire de 45 minutes.
Intervient également Khalida Popal, qui fut, en 2007, capitaine de la première équipe nationale féminine afghane. Menacée de mort pour son militantisme, elle est aujourd’hui réfugiée au Danemark. « Deux femmes fortes qui impressionnent par leur détermination à faire bouger les lignes pour améliorer le sort des prochaines générations », souligne Arte.
Cette histoire rappelle également celle de Nadia Nadim, la star du Paris Saint-Germain, qui avait fui l’Afghanistan dans sa jeunesse. Dans un pays où le danger est permanent, le football apparaît comme un moment de liberté, une fenêtre vers un bonheur éphémère mais brut.
Le documentaire est disponible jusqu’en juillet prochain sur ce lien
Jérôme Flury
Photo de Une : capture d’écran Arte