Entame canon des Roses de Montréal, portées par le mercato offensif de Marinette Pichon

Après seulement deux journées de championnat, les Roses de Montréal font déjà forte impression en Super Ligue du Nord après une fin de saison 2025 décevante.

Ce printemps, les roses ont bel et bien fleuri dans le sud du Québec. Vainqueur autoritaire du champion en titre Vancouver pour son retour au Stade Boréale le week-end dernier (4–0), Montréal avait déjà pris ses trois premiers points sous la neige de Calgary en ouverture du championnat. Une entame parfaite, six buts marqués, aucun encaissé.

Montréal s’était effondré au finish la saison dernière

Alors certains diront que c’est un calque du début de saison dernière où les Roses avaient commencé en trombe avec trois victoires. Mais c’était seulement la première édition et chacun des six clubs de Super Ligue du Nord commençait d’une page blanche. Aujourd’hui, le favori reste Toronto, malgré sa défaite en finale, mais des poursuivants comme Montréal savent qu’ils peuvent tirer leur épingle du jeu. Le club de l’Ontario sera d’ailleurs son prochain adversaire ce week-end, un premier vrai test pour Montréal.

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L’entraineur roumain des Roses, Robert Rositoiu, en est conscient. Cette année, c’est la « consolidation » alors que l’année dernière, « il fallait tout bâtir » indiquait-il au quotidien québécois La Presse en février dernier. De son côté, la légende des Bleues, Marinette Pichon, ne cache pas son ambition, sans pression pour son coach. « Ce qui sera une bonne saison, ce sera d’aller décrocher une place en finale » confiait la directrice sportive dans ce même reportage.

Renforts offensifs à la pelle, le départ d’Abdu digéré

Une saison c’est long. Longtemps dauphines lors de l’édition inaugurale, les Roses n’avaient pas été épargnées par les blessures et avaient complètement craquées dans la dernière ligne droite, terminant 4e de la saison régulière, tombant ensuite contre Toronto, en demi-finale des séries. Et pour Montréal, il ne fallait pas simplement digérer un classement frustrant malgré les promesses, mais aussi faire oublier le départ surprise de leur attaquante Latifah Abdu pour le Rise de Vancouver en pleine saison.

Avoir la meilleure défense du championnat, comme la saison dernière, ne suffit pas pour Marinette Pichon, qui s’est principalement attardée sur l’attaque, ligne qui faisait défaut aux Montréalaises. « Il nous fallait renforcer pour avoir un peu plus de tranchant dans ce dernier tiers », assurait-elle au Journal de Montréal début mai. « On a recruté des joueuses qui amènent un côté athlétique, une vision, de la créativité et de l’engagement dans les duels. »

Une gamine de 16 ans déjà en équipe première

Du côté des renforts offensifs, on est servi. Presque en représailles (de bonne guerre) envers le Rise pour Abdu, Lisa Pechersky a fait le chemin inverse cet hiver sur l’aile droite. Cette saison, Montréal compte aussi sur des valeurs montantes comme les internationales ghanéenne et coréenne Evelyn Badu et Choi Han-bin, qui vient rejoindre sa compatriote Kang Chae-rim. Une lycéenne fait même partie de l’aventure dans cette stratégie tournée vers les jeunes.

À 16 ans, Marilou Harvey détonne et incarne l’avenir du football québécois. « Aujourd’hui, elle fait partie du paysage des Roses. On ne voit pas la différence, on ne dirait pas qu’elle a 16 ans. Elle s’impose », relate Marinette Pichon à Radio-Canada.

En plus de miser sur des jeunes atouts offensifs, il fallait surtout ce facteur X en pointe, et le travail à l’intersaison a porté ses fruits. Déjà autrice de trois buts en deux matchs, dont un doublé d’entrée face à Calgary, Elyse Bennett est la nouvelle figure de l’attaque montréalaise.

Bennett, la revencharde de NWSL, déjà décisive

En manque de temps de jeu, l’Américaine de 26 ans cherche à relancer sa carrière après avoir notamment évolué à Kansas City, Seattle et San Diego. Son arrivée en provenance d’Orlando cet hiver est réjouissante pour la légende des Bleues lorsque La Presse lui pose la question. « C’est une attaquante avec de bons instincts offensifs, capable de jouer dans l’axe ou sur l’aile. Sa vitesse et sa taille seront des atouts sur le front de l’attaque – les associations offensives que nous pouvons créer sont excitantes. »

En plus de ces arrivées, les Roses peuvent compter sur leur noyau dur, emmené par les co-capitaines Tanya Boychuk, autrice d’un doublé face à Vancouver, et Morgane Sauvé. Celle-ci note d’ailleurs « une petite touche d’expérience un peu plus grande que l’année dernière, dans son entretien avec La Presse début février, ça fait un niveau beaucoup plus relevé. » Parmi les plus expérimentées, on compte toujours l’ex-internationale française Charlotte Bilbault, prolongée cet hiver, ou encore Olivia Mbala, ancienne du championnat de France.

Marinette Pichon fait pour l’instant des paris gagnants, même s’il s’agit d’une stratégie bien rodée. Mais au Stade Boréale, où plus de 3 000 spectateurs s’était affairés le week-end dernier, la floraison devra durer, cette fois, jusqu’en novembre.

Julien Helle-Nicholson

Photo © Roses de Montréal FC

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