Laurent Bonadei a dévoilé, jeudi 28 mai, sa liste pour les deux derniers matches des qualifications pour la Coupe du Monde 2027 au Brésil. Deuxième du groupe, la France n’a plus son billet direct pour Rio entre les mains et va impérativement devoir s’imposer face à la Pologne et la République d’Irlande. Pour ces deux matches décisifs, le sélectionneur a appelé quatre nouvelles joueuses.
Il y a quatre nouvelles arrivées dans cette liste. Qu’est-ce qui vous a poussé à les faire monter ?
Déjà par rapport au dernier rassemblement, on a Kadidiatou Diani, Griedge Mbock et Anaïs Ebayilin qui sont blessées. Donc il a fallu un petit peu s’adapter. C’est pour ça que j’ai rappelé aussi Vicki (Becho, ndlr) et Lou (Bogaert) qui étaient déjà venues avec nous. Et puis sur un groupe élargi de 26, mon rôle, comme je le fais depuis le départ, c’est aussi de voir des jeunes joueuses.
Ce sont des joueuses qui ont fait et qui font encore, parce qu’il y a encore un match demain (la finale des play-offs entre le PFC et OL Lyonnes, ndlr), une très belle saison. Que ce soit Julie (Swierot), Maëline (Mendy), Lucie (Calba) ou Justine (Rouquet). Elles ont été nommées ou récompensées aux Trophée LFFP, mais c’est surtout la saison qu’elles font, qu’elles ont fait, qui est intéressante. Donc c’est important sur ce dernier stage, avant de se retrouver au mois d’octobre, de pouvoir les voir, de voir comment elles se comportent et de mieux les évaluer au sein du groupe.
Est-ce que vous pouvez nous expliquer l’absence de Griedge ?
Griedge s’est refait une petite blessure au ligament lors du dernier match contre le Paris FC il y a quinze jours. Elle a tout donné pour essayer de revenir en temps et en heure, mais c’est trop juste et donc elle est out pour ce stage malheureusement.
Est-ce que ses blessures à répétition et, du coup, ses absences en équipe de France seraient de nature à remettre en question son capitanat ?
C’est vrai que déjà Griedge avait été absente en février contre l’Irlande et la Pologne et malheureusement pour l’équipe de France et pour elle, elle sera aussi absente contre la Pologne et l’Irlande. J’avais donné le brassard à Grace et à Sakina qui sont les deux vice-capitaines. Je pense que je procéderai à la même chose sur ce stage.
Griedge est une joueuse qui fédère beaucoup, une femme intelligente, qui n’est pas dans l’excès, qui est toujours calme, sereine, qui est en capacité d’analyser les bonnes choses comme les moins bonnes, avec qui j’ai beaucoup d’échanges, des échanges constructifs, parce que c’est quelqu’un qui a déjà de l’expérience et donc elle a une aura très importante et beaucoup de charisme au sein du groupe.
Je me suis beaucoup interrogé sur le fait de quand même la prendre dans le groupe, même si je savais qu’elle ne pourrait pas jouer, mais aujourd’hui je dois penser à la compétitivité de l’équipe et je ne peux pas me permettre, notamment avec les cinq joueuses sur le coup de carton jaune, de me priver d’une joueuse pour avoir Griedge pour fédérer le groupe. Je pense que Sakina et Grace sont en mesure de jouer ce rôle-là, même si j’ai proposé à Griedge de venir passer une journée avec nous sur les trois premiers jours pour être présente et nous amener toute son énergie positive parce que c’est une femme qui a beaucoup d’énergie positive.
Pauline Peyraud-Magnin n’a pas rejoué en club depuis la dernière sélection. Est-ce qu’il y a eu un changement dans votre hiérarchie des gardiennes pour ce rassemblement ?
Alors c’est vrai que c’est un constat. Pauline, depuis six mois, elle a joué trois matches. Le match contre la Pologne et les deux derniers matches contre les Pays-Bas. Elle est arrivée un peu en retard aux Etats-Unis, ce qui a fait qu’elle n’a pas démarré la saison. Et la gardienne qui est en place fait des très bons matches, donc ce n’est pas facile pour elle. Mais c’est une joueuse d’expérience.
Il y a Constance Picaud aussi qui a joué son dernier match début mai, donc peut-être aussi un manque de compétition. Et puis Mylène Chavas qui fait une très belle saison et qui est encore engagée dans la compétition. Donc ce sont des discussions, un sujet de réflexion qu’on a avec Lionel et qu’on va partager avec les joueuses en début de stage.
Comment appréhendez-vous ce match en Pologne, pour lequel il n’y aura pas droit à l’erreur ?
Ce sera un match relevé parce que c’est une équipe qui s’accroche avec notamment une attaquante hors normes comme Ewa Pajor, contre laquelle il faudra faire attention. Donc on va bien préparer ce match, on va là-bas avec beaucoup de détermination, d’ambition. On doit tout donner pour gagner nos deux matches et voir ce qu’il en sera des Pays-Bas en Irlande et aussi de leur dernier match contre la Pologne. C’est un groupe très serré puisque les Pays-Bas ont 8 points, on a 7 points, l’Irlande aussi est en course avec 6 points et ses deux succès contre la Pologne.
C’est la nouvelle formule de la Ligue des Nations qui permet d’avoir des matches de haut niveau pour se qualifier puisque sur la Ligue A il y a 16 très bonnes nations de football, ça fait des matches relevés et c’est quand même une bonne chose pour progresser en milieu de la Coupe du Monde.
On est sur deux matches couperets pour une qualification directe au Mondial. Il y a beaucoup de nouvelles appelées. Est-ce que c’est un pari de votre part ou l’idée c’est d’apporter une nouvelle dynamique dans cette équipe ?
Sur un groupe de 26, il y a 4 nouvelles. Donc ce n’est pas non plus un nombre important. Il faut savoir aussi qu’on a 5 joueuses qui sont sous le coup d’un carton jaune. Donc c’est important aussi d’avoir un groupe assez élargi parce que toutes les joueuses qui prendraient un carton jaune sur le premier match seraient suspendues sur le deuxième.
Je pense aussi que de faire venir ces jeunes joueuses qui ont performé dans la Première Ligue Arkema, c’est important aussi de leur montrer que la porte peut s’ouvrir et ça va amener aussi un peu de fraîcheur, un peu de concurrence et pour moi aussi de voir leur niveau par rapport à ce groupe qui a une certaine stabilité puisqu’il y a 19 joueuses qui étaient présentes lors du dernier rassemblement, plus Selma qui revient, qui est une joueuse cadre.
Donc sur les 26 joueuses, on va dire qu’il y en a 20 qui sont habituées à être là. Lou a été longtemps présente avec nous, Vicki était là pour les Jeux Olympiques et la Coupe du Monde il y a bientôt trois ans. Donc voilà, Vicki est en pleine forme, elle était titulaire sur la finale de la Ligue des Champions, donc il y a très peu d’inconnues.
Qu’est-ce que vous attendez vraiment de votre équipe, qui on sait, même si vous gagnez les deux matches suivants, ne sera pas forcément qualifiée encore. Qu’est-ce que vous attendez un petit peu de vos joueuses, sur le terrain et même sur l’état d’esprit ?
C’est vrai qu’après ces deux derniers matches, il y a eu beaucoup de frustration parce qu’on a encaissé des buts en contre sur très peu d’occasions concédées, notamment sur le deuxième match à Auxerre, où on a le match en main, on mène un à zéro et on fait un petit peu preuve de naïveté sur ce but encaissé, qui fait qu’on se retrouve à la deuxième place.
C’était des matches vraiment relevés, comme je le disais tout à l’heure, c’est la Ligue A de la Ligue des Nations, avec des équipes de très bon niveau, des joueuses en face aussi d’un bon niveau, on peut le constater avec l’Irlande, beaucoup de joueuses qui jouent dans le championnat anglais, un championnat avec beaucoup de rythme et d’intensité, donc on s’attend à deux matches relevés, mais on va continuer sur notre projet de jeu, qui est un jeu de possession, avec la volonté de se créer plus d’occasions, peut-être aussi marquer plus de buts. Il va falloir qu’on se crée beaucoup de situations pour emballer les matches, prendre les matches à notre compte, comme on l’avait fait lors du match aller contre la Pologne, d’ailleurs, et puis tout donner, surtout sur l’état d’esprit.
Sasha Beckermann
Photo © Malone Leroux / Footeuses
