Delphine Cascarino : « Sans ma sœur, je n’aurais pas eu la même carrière »

À quelques jours d’affronter les Pays-Bas en match de qualification pour la Coupe du Monde au Brésil, Delphine Cascarino est revenue sur sa longévité en Equipe de France, la découverte des London City Lionesses, mais aussi sur sa soeur, Estelle, pas sélectionnée pour ce regroupement.

La Coupe du Monde c’est dans un petit plus d’un an, ça va passer vite et pas vite en même temps. Comment vous gérez ces mois qui vont arriver ?

D’abord il faut se qualifier, il faut finir premières de ce groupe, mais c’est vrai qu’on y pense, c’est l’objectif et c’est un rêve. C’est un rêve pour toutes les joueuses de jouer une Coupe du Monde, d’autant plus au Brésil, dans un pays du football. Ça reste assez éloigné, mais c’est quand même dans un coin de nos têtes et on a ces qualifications à faire avant tout.

Justement, vous parliez du Brésil, ça représente quoi de jouer une Coupe du Monde au Brésil ?

Le Brésil, c’est Ronaldinho, c’est Marta, c’est un pays du football, là-bas tout le monde joue au foot, c’est incroyable, on a hâte d’y être, on a hâte de se qualifier déjà et ça va être exceptionnel.

« Le Brésil, c’est Ronaldinho, c’est Marta, c’est un pays du football »

Delphine, vous n’êtes plus très loin des 100 sélections (86). Ça fait de vous une des plus expérimentées de cet effectif, quelle place vous prenez dans ce groupe ?

Je ne me suis pas posé la question. C’est une fierté d’avoir autant de sélections. Ça veut dire que je suis une joueuse expérimentée dans l’équipe. J’ai un autre rôle dans l’équipe, un rôle de leader, pas forcément de leader dans la parole, mais de leader en technique, de leader dans la passion de faire.

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Même au quotidien, je peux être amenée à donner des petits conseils à des jeunes joueuses. C’est un rôle que j’apprécie et que je suis contente de prendre.

Vous allez fêter dix ans de sélection avec les A. Quel regard avez-vous sur le chemin parcouru depuis ?

Ça fait plaisir d’avoir une telle longévité. On espère encore être là pour des années, pour mon temps. Après, il faudra laisser la place aux autres. Mais ça fait plaisir. J’ai eu des hauts et des bas, avec des blessures qui m’ont écartée de la sélection pour quelques années.

Je profite à fond des années qui restent. J’espère être là le plus longtemps possible et espérer gagner un titre avant de quitter la sélection. Ce serait cool, ce serait top. En tout cas, c’est l’objectif.

En arrivant à London City Lionesses, vous vous êtes rapprochée de votre sœur, Estelle (à West Ham, ndlr). C’est un rêve d’éventuellement vivre cette Coupe du monde ensemble ?

Oui, forcément, c’est un rêve de faire une Coupe du Monde ensemble. On a failli le faire en 2023, en Australie. Malheureusement, je me suis blessée à un mois de la compétition.
C’est un de mes regrets, mais c’est comme ça. On a fait les Jeux ensemble, c’est une expérience exceptionnelle. On espère faire plein de compétitions ensemble à l’avenir.

Est-ce que c’est une expérience qui prend une saveur différente quand on a un membre de sa famille qui la vit en même temps de l’intérieur ?

Je pense que je n’aurais pas eu le même niveau dans ma carrière si j’avais été seule à vivre ça. Quand on est jeune, on quitte la famille tôt pour aller au centre de formation. Le vivre à deux… Je pense que ça aide d’avoir un membre de sa famille avec soi. Je n’aurais pas eu la même carrière sans elle.

Parlons de Londres, qu’est-ce que ça fait de débarquer dans ce club qui est presque neuf, où presque tout est à construire ?

J’ai envie d’aller quelque part où les choses ne sont pas carrées pour construire. Il n’y a pas encore d’histoire dans ce club et c’est intéressant et c’est un challenge d’essayer de créer l’histoire d’un club, un club 100% féminin. Ça me tient à cœur aussi. C’est exceptionnel comme challenge. J’ai décidé de faire partie de cette expérience avec la confiance de Michele Kang qui est une femme super inspirante et qui investit dans le football féminin.

Recueilli par Sasha Beckermann

Photo ©Antoine Andreani/Footeuses

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