L’après-midi festive et ensoleillée d’Oslo a très vite laissé place à un combat sans merci entre l’OL Lyonnes et le Barça. La finale de la 25e édition de la Ligue des championnes a tenu toutes ses promesses avec une véritable bataille physique au milieu de terrain.
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Alors que des nuages de pollen envahissaient l’Ullevaal Stadion, le duel physique et surtout mental avait définitivement basculé, il n’y en avait plus que pour les Blaugranas alors que l’OL était en train d’exploser. Le Barça s’offre donc un quatrième sacre sur des doublés d’Ewa Pajor et Salma Paralluelo (4–0). Le point sur les protagonistes d’une rencontre d’abord âpre avant d’être à sens unique.
TOPS – Pajor et Paralluelo létales
Ewa Pajor – Peu inspirée en première période avec deux grosses occasions manquées, l’attaquante polonaise a enfin su briser sa malédiction. Après cinq finales de LDC perdues, dont quatre avec Wolfsburg (2016, 2019, 2020 et 2023), puis la dernière avec les Blaugranas (2025), c’est elle qui est venue mettre son équipe en tête avec un doublé rageur (55e, 69e). Même lorsqu’elle était maladroite, la meilleure buteuse de la compétition (11 buts) n’a jamais cessé de prendre des initiatives. Forcément, ça finit par payer.
Salma Paralluelo – Elle a retrouvé toute son explosivité au fil de la rencontre. Comme un boulet de canon, à l’image de sa fin de saison. Un retour en grâce pour la 3e du Ballon d’Or en 2023 et 2024. Pourtant peu en vue en début de match, sa rencontre bascule lorsqu’elle dépose Ashley Lawrence sur le côté gauche dans le dernier quart d’heure de la première mi-temps. Et en point d’orgue, son doublé en fin de match (90e, 90e+3), dont une magnifique lucarne, pour clore le festival.
Esmee Brugts – Quelle prestation dans son couloir gauche. Un super retour sur Vicki Becho à la demi-heure de jeu, des interventions encore précieuses en deuxième mi-temps, la Néerlandaise, surtout réputée pour ses qualités offensives, a encore prouvé qu’elle avait toute sa place en tant que latérale. Impliquée sur le deuxième but de Pajor, elle a également su être un important relais offensif.
Cata Coll – Impeccable en première mi-temps, la portière espagnole n’a fait aucune erreur, toujours propre dans les airs, rassurant sa défense, pourtant moins à son aise lors du premier acte. Une belle parade sur le coup-franc de Selma Bacha (41e) et, surtout, un face-à-face crucial remporté face à Tabitha Chawinga (75e).
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FLOPS – Une défense lyonnaise aux abois
Ingrid Engen et Wendie Renard dépassées après la pause – Pourtant très propres en première mi-temps, elles ont complètement craqué face aux offensives catalanes. Marquage léger sur le doublé d’Ewa Pajor puis le premier but de Salma Paralluelo, Engen n’a pas su être tranchante, ratant son retour au pays. Pour Renard, la qualité de ses relances n’a pas pu masquer sa fatigue physique, et ses moments d’absence, notamment sur le 2e but de Pajor.
Ada Hegerberg – S’il y en a bien une qui a raté son rendez-vous à la maison, c’est elle. Transparente et peu inspirée offensivement, Ada Hegerberg, d’habitude si présente dans le jeu en pivot, ne s’est mise en avant qu’à une seule reprise (50e). Se présentant seule face à Cata Coll, la Norvégienne s’est emmêlée les pinceaux, ne sachant que viser la gardienne avant d’être signalée hors-jeu. Comme un symbole pour la première Ballon d’Or (2018).
Ashley Lawrence – Alors que Brugts et Paralluelo se sont faites plaisir sur le côté gauche, c’est la latérale canadienne qui en a fait les frais. Déposée par l’ailière espagnole à la 36e, submergée par les dédoublements, et souvent en retard, Ashley Lawrence ne pouvait qu’être soulagée lors du coup de sifflet final, mettant fin à son calvaire.
Mentions honorables – 18 ans et déjà grandes
L’avenir du milieu de terrain s’est présenté ce samedi, sur la grande scène européenne. Formée à La Masia, Clara Serrajordi (18 ans) a réalisé plusieurs incursions intéressantes tout au long de la rencontre, montrant des qualités box-to-box précieuses. Et si c’était-elle l’héritière de Patri Guijarro dans le onze catalan ? De l’autre côté, l’Américaine Lily Yohannes (18 ans), elle, a été imperturbable dans la conservation de balle et la distribution, affichant une maturité impressionnante. Le football mondial tient peut-être là ses futures patronnes de l’entrejeu.
Julien Helle-Nicholson
Photo © FC Barcelone
