« Nous n’avons rien à prouver » : OH Louvain aborde la Ligue des championnes avec le même état d’esprit

Ce lundi 21 septembre, Julie Biesmans s’exprimait en conférence de presse avant la confrontation entre OH Louvain et l’AS Rome en ouverture de la Ligue des championnes. La capitaine des championnes de Belgique revient sur les exploits du club, qui atteint la phase de ligue une deuxième saison de suite.

Vous avez pris votre retraite internationale avec la sélection belge en août 2023. Avec trois ans de recul, comment jugez-vous cette décision ?

Cette décision m’a permis de me concentrer sur mon club et sur les compétitions européennes, notamment la Ligue des championnes. Je l’ai prise en raison de changements dans ma famille. Je voulais passer davantage de temps avec mes proches, même si la Ligue des championnes implique aussi des déplacements à l’étranger.

Mais je pense toujours que c’était une bonne décision. Je suis aussi un peu plus âgée aujourd’hui et, quand on voit les blessures que peuvent entraîner les enchaînements de matchs, cela me permet de me concentrer sur Louvain et d’être dans de meilleures dispositions, mentalement comme physiquement. J’ai davantage de disponibilité pour être à 100 % dans les matchs de Ligue des championnes. C’est beaucoup plus intense quand on affronte les meilleures équipes d’Europe.

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Cette saison, vous allez notamment affronter la Roma à domicile et le PSG à l’extérieur. Votre motivation à disputer de telles affiches est-elle toujours intacte ?

C’est incroyable de pouvoir vivre ça. Notre parcours de la saison dernière était une première pour nous, mais aussi pour une équipe belge en Ligue des championnes. Et peut-être que le faire une deuxième fois est encore plus beau. La première fois, personne ne pensait que nous pouvions y arriver.

Et cette fois encore, personne ne pensait que nous allions réussir à le faire deux années de suite. Alors pouvoir jouer dans ces grands stades, mais aussi ici à Louvain contre de grandes équipes, ça donne toujours des frissons. Je ne m’attendais pas, à ce stade de ma carrière, à faire partie d’une telle aventure.

« Nous n’avons rien à prouver. »

Comment votre préparation à la Ligue des championnes a-t-elle évolué après votre superbe parcours de la saison dernière ?

Personnellement, je ne pense pas que cela ait beaucoup changé. Peut-être qu’il y a davantage d’attentes de l’extérieur, mais j’ai l’impression que nous abordons la compétition de la même manière. Nous n’avons rien à perdre et nous allons essayer de montrer la meilleure version de nous-mêmes à chaque match.

On verra ce qui se passera, mais nous ne ressentons pas de pression. Nous n’avons rien à prouver. Nous faisons simplement de notre mieux.

Comment abordez-vous votre rôle de leader à Louvain ?

Je suis probablement la joueuse la plus âgée de l’équipe. Louvain est aussi connu pour faire émerger beaucoup de jeunes talents de son centre de formation. Mon rôle est de les guider, mais aussi d’accompagner l’ensemble de l’équipe.

Je ne suis pas celle qui crie le plus fort ou qui parle le plus. J’essaie de le faire à ma manière. Je suis quelqu’un de calme, donc j’essaie de leur parler de façon posée sur le terrain. Avec mon expérience, je dois faire en sorte que les autres joueuses gardent elles aussi leur calme.

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Comment avez-vous célébré cette deuxième qualification consécutive pour la Ligue des championnes ?

C’est vraiment incroyable d’avoir Louvain à nouveau en Ligue des championnes. J’ai dit aux filles que cela pouvait sembler normal parce que c’est la deuxième fois, mais ça ne l’est pas. Cela reste exceptionnel.

Mais oui, j’ai vraiment célébré ! Pour être honnête, c’est peut-être la dernière fois de ma carrière, ou en tout cas avec Louvain. Nous essayons vraiment de prendre conscience que c’est quelque chose d’exceptionnel et que nous pouvons en être fières.

Estimez-vous que c’est un pas de géant pour le football féminin en Belgique ? Le fait d’avoir une équipe belge en Ligue des championnes, notamment pour les jeunes filles, est-il aussi le symbole des progrès du championnat ?

Pour la visibilité, c’est très important, parce que beaucoup d’équipes étrangères connaissent désormais le nom de Louvain. Et pour les jeunes filles, je l’ai déjà dit dans des interviews précédentes, elles commencent à jouer avec l’idée que, peut-être un jour, elles aussi pourront disputer la Ligue des championnes avec un club belge.

J’espère que de plus en plus de filles commenceront à jouer au football en Belgique, parce que nous n’avons pas beaucoup d’équipes dans notre championnat. C’est peut-être quelque chose qui doit évoluer, il faudrait davantage d’équipes professionnelles. D’autres clubs de notre championnat participeront à la Ligue des championnes la saison prochaine, et j’espère que cela contribuera à améliorer la situation. Je suis convaincue que c’est possible.

Vous avez connu un parcours semé d’embûches pour en arriver là, avec notamment une qualification aux tirs au but face à Fenerbahçe et des matchs serrés contre Czarni Sosnowiec. Qu’en retenez-vous pour la suite de la compétition ?

Contre Fenerbahçe, nous n’avons pas joué comme nous le voulions en première mi-temps. Nous avons rencontré des difficultés et nous avons donc dû nous dire les choses à la pause. C’est aussi quelque chose que nous avions vécu la saison dernière lors de la phase de ligue, une première mi-temps difficile, puis une deuxième beaucoup plus réussie.

Il faut se rappeler que tout est possible dans le football, même contre de très grandes équipes. Un petit miracle peut arriver. C’est quelque chose que nous essayons d’aller chercher.

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Vous considérez donc votre parcours en Ligue des championnes la saison dernière comme un miracle ?

Oui, parce que nous ne savions pas vraiment ce que nous pouvions viser. Nous savions simplement que nous affrontions les meilleures des meilleures. Au début, nous voulions simplement marquer. Et petit à petit, notre avons pris confiance.

Donc, même si nous ne nous mettons pas de pression cette saison, je dois admettre que nous serions déçues de ne pas atteindre la phase finale.

Vous avez déjà affronté l’AS Roma la saison dernière et vous aviez obtenu le match nul. Pensez-vous pouvoir rééditer cette performance, voire faire mieux ?

Oui, nous espérons pouvoir faire la même chose, voire mieux. La Roma est une équipe qui possède beaucoup de qualités. Elle a connu quelques changements cet été, mais cela reste un très bon adversaire.

On verra ce qui se passera. Nous ne devons surtout pas penser que ce sera un match facile simplement parce que nous avons obtenu le nul la saison dernière. Nous donnerons tout pour leur rendre la tâche aussi difficile que possible.

« C’est incroyable de pouvoir encore la jouer ici, à Louvain. »

Vous avez perdu plusieurs joueuses importantes cet été, comme Aurélie Reynders, Sára Pusztai ou encore Zenia Mertens. Comment l’équipe a-t-elle réussi à conserver ses ambitions pour cette saison ?

L’une des forces de Louvain a toujours été sa capacité à former de jeunes joueuses de qualité. Nous l’avons déjà montré par le passé. Mais il y a aussi des joueuses qui sont arrivées cet été et qui se sont déjà bien adaptées. Pour moi, nous restons compétitives.

C’est aussi le revers de la médaille quand on réalise de belles performances comme celles de la saison dernière en Ligue des championnes. Il est évident que les clubs d’autres pays viennent observer nos joueuses.

Quelles qualités aimeriez-vous, en tant qu’équipe, montrer à nouveau en Ligue des championnes cette saison ?

Je pense notamment à notre capacité à nous battre jusqu’au bout. Nous étions comme une vraie famille et nous nous sommes soutenues jusqu’à la fin. Nous avons toujours bien réagi lorsque nous étions menées.

J’espère que nous pourrons reproduire cela cette saison. cet esprit combatif et cette solidarité.

Qu’est-ce que cela vous fait de retrouver la Ligue des championnes à Louvain ?

Nous sommes très impatientes de retrouver la phase de ligue. C’est différent du championnat parce que c’est le plus haut niveau continental. C’est incroyable de pouvoir encore la jouer ici, à Louvain.

Photo © OH Leuven

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