« C’est une façon de les remercier » : à la CAN, cinq joueuses nées en France portent leur héritage familial sur le terrain

Issues de parcours différents, elles défendent chacune une nation à la CAN 2026 et racontent leur fierté de porter les couleurs héritées de leur parents.

Les bras en-dessus, dessous, les coéquipières qui chavirent avec elle en entonnant l’hymne de la nation, la sienne. Même si elle y assiste depuis le banc, l’émotion l’envahit face au Maroc ce jeudi. À seulement 18 ans, Amira Benaïssa dispute sa première Coupe d’Afrique des nations.

Elle est loin d’être un cas isolé. Autour d’elle, dans le vestiaire algérien, d’autres ont grandi en France avant de choisir le pays de leurs parents. Nées ou élevées entre deux cultures, elles ont finalement décidé d’endosser cet autre maillot. Elles sont quarante-deux dans cette 16e édition de la CAN, dont vingt-et-un sous les couleurs de l’Algérie.

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Footeuses a rencontré cinq de ces binationales présentes au Maroc cet été. Pour Amira Benaïssa (Algérie), Élodie Nakkach (Maroc), Bénédicte Simon (Ghana), Sylviane Gomes (Cap-Vert) et Marine Coudon (Mali), représenter le pays de leurs parents relève autant de l’hommage familial que d’une évidence personnelle. Au fil de ces entretiens exclusifs, elles racontent les coulisses d’une allégeance, entre transmission, quête identitaire et héritage.

Benaïssa, un choix précoce mais mûri

Car à l’origine, tout n’est pas rose. Loin de là. Ces histoires ont en commun des fragments de vie, souvent nés d’une rupture avec un pays d’origine qu’un parent ne quitte jamais par choix, entre espoirs et incertitudes. Leur histoire a désormais trouvé un point de chute, sans pour autant s’arrêter là. Car pour leurs enfants, elle reste bien vivante et se tourne non vers la terre d’accueil, mais vers celle d’origine. Aussi difficile qu’ait été ce départ pour leurs parents, avaient-ils un jour imaginé voir leur enfant représenter le pays qu’ils avaient quitté ?

Ceux d’Amira Benaïssa ne l’avaient peut-être pas imaginé. « En grandissant, je ne savais pas qu’il y avait une équipe nationale féminine en Algérie, qu’elle avait disputé la CAN. » Lorsqu’elle est appelée pour la première fois en novembre 2025, jusqu’à garder les cages en l’absence de Chloé N’Gazi, l’émotion la submerge. 

« J’avais Raïs M’Bolhi comme modèle. Il venait du Racing Club de France aussi. C’est grâce à l’Algérie qu’il est devenu un grand gardien. Je veux faire pareil. »

« J’étais choquée. C’était une sensation incroyable, quand l’hymne commence… Il y a une ambiance incroyable. Bien évidemment qu’ils auraient été fiers de me voir en maillot bleu. Mais pour eux, l’Algérie, c’est aussi leur pays. Et c’est leur fille qui lie son destin au leur. Ça n’a pas la même ampleur que quand j’étais appelée en équipe de France. Quand j’ai eu ma première sélection avec l’Algérie, c’était : « Waouh, tu vas en Algérie. » C’était notre fierté. C’était l’Algérie. »

Amira Benaïssa à l’entraînement avec l’équipe d’Algérie © FAF – Les Vertes

« Tu as le potentiel pour aller en équipe de France »

Dans les petits papiers des Bleuettes dès son entrée au Pôle Espoir de Liévin, la concurrence est déjà féroce pour s’attacher les services de la native des Hauts-de-Seine. Mais les blessures rebattent les cartes. Un abcès dans le dos, puis une rupture des ligaments croisés, éloignent peu à peu Amira Benaïssa des sélections nationales françaises alors que, de son côté, l’Algérie insiste. En fin de convalescence, le staff algérien lui fait savoir qu’il souhaite l’intégrer rapidement en équipe A. La CAN, dont elle rêve depuis toujours, n’a soudain plus rien d’inaccessible.

Il lui reste pourtant une décision à assumer. Le coach des gardiennes de Fleury prend alors le temps de la confronter aux conséquences de son choix. « Il m’a dit : Écoute, tu fais comme tu veux, tu as le potentiel pour aller en équipe de France. Si tu décides d’aller en Algérie, sache que tu ne pourras plus aller en équipe de France, mais ce sera ton choix. » Des mots qui la confortent finalement dans ce qu’elle ressent déjà. « C’est mon rêve depuis toute petite de faire un hymne, juste un hymne. » 

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Née d’une mère de Maghnia dans la région de Tlemcen, dans l’ouest algérien, et d’un père franco-algérien, Benaïssa a été bercée par la sélection algérienne. Elle avait 11 ans lors du sacre retentissant des Fennecs à la CAN en 2019. Les étoiles plein les yeux. Alors en catégorie jeune au Racing Club de France, la jeune Amira se découvre une idole. « J’avais Raïs M’Bolhi comme modèle. Il venait du Racing Club de France et moi aussi. Je me suis dit que je pouvais faire la même chose. C’est grâce à l’Algérie qu’il est devenu un grand gardien. Je veux faire pareil. » Elle y va tout droit, arborant le numéro 23 en sélection, comme un certain Raïs M’Bolhi. Celle qui a signé son premier contrat professionnel avec Fleury cet été est déjà numéro 2 dans la hiérarchie des gardiennes des Vertes.

Nakkach, la binationale devenue taulière du Maroc

Représenter le Maroc fut une évidence pour Élodie Nakkach. « Je n’ai pas réfléchi, j’ai appelé mon père et je lui ai dit que j’allais dire oui. Pour moi c’était normal. » Née à Limoges d’une mère française et d’un père de Mohammédia, cité portuaire logée entre Casablanca et Rabat, la milieu de terrain du Servette à Genève n’a aucun regret : « Le chemin parcouru est énorme, j’ai bien fait de ne jamais abandonner. » À l’été 2017, elle n’a que 21 ans lorsqu’elle part en stage avec la sélection marocaine pour la première fois, lors du tournoi amical COTIF en Espagne.

Le parallèle avec Benaïssa est saisissant. Nakkach avait pourtant été repérée par le Pôle Espoir de Clairefontaine, une des voies d’accès privilégiée aux sélections jeunes de Bleues. Mais diminuée au genou lors des essais, ce chemin s’est arrêté là. Elle choisit finalement le pays de son père, une rareté à l’époque. « Quand je suis arrivée, j’étais la seule binationale lors de cette sélection parce qu’il y en a deux qui sont passées avant. C’est vrai que c’était un peu compliqué au début de s’adapter parce qu’on n’avait pas les mêmes conditions qu’on a maintenant. »

« Tant qu’on n’a pas cette culture, cette fierté d’être marocaine, les gens ne peuvent pas comprendre ce choix. Nos parents se sont battus toute leur vie. C’est aussi une façon de les remercier. »

Aujourd’hui, la milieu à vocation défensive fait partie des taulières des Lionnes de l’Atlas, montrant la voie comme Salma Amani avant elle. À 31 ans, Nakkach compte 77 sélections* et dispute sa troisième CAN avec le Maroc, à chaque fois pays hôte. « Niveau football, ça se fait tout seul, il n’y a pas besoin de parler la même langue. Moi, je joue le même football, donc j’ai réussi à m’intégrer assez facilement grâce à mon niveau sur le terrain. »

Représenter le pays de ses parents pour leur fait honneur

C’est pourtant au Mondial 2023 en Australie que le parcours identitaire prend tout son sens. Nakkach participe à l’épopée historique des Marocaines, s’extirpant de la phase de poule pour tomber en huitièmes de finale contre… la France. Le pays dans lequel elle a grandi. « À chaque fois que je reviens dans la ville où j’ai grandi, où ma famille habite, je me sens chez moi. Quand je suis ici au Maroc, je suis chez moi. »

Élodie Nakkach lors du match de Coupe du monde entre le Maroc et la Colombie à Perth le 3 aout 2023 © Will Russell – FIFA / FIFA via Getty Images

Si c’est aujourd’hui le Maroc qu’elle représente, elle le doit à ses parents. « Tant qu’on n’a pas cette culture, cette fierté d’être Marocaine, les gens ne peuvent pas comprendre ce choix. Nos parents se sont battus toute leur vie pour nous suivre. C’est aussi une façon de les remercier. »

Depuis sa décision de représenter le Maroc il y a bientôt dix ans, la physionomie de l’effectif a évolué. Une dizaine de binationales européennes ont été sélectionnées pour cette CAN, mais la camaraderie entre joueuses ayant grandi au pays et celles de la diaspora reste intacte. Sa coéquipière au Servette, Bénédicte Simon, qui représente le Ghana, en témoigne. « J’ai juste l’impression d’être avec ma famille. Ce sont des filles qui me ressemblent. »

Une première de rêve pour Simon face à l’Angleterre

Née de parents ghanéens à Mantes-la-Jolie, Simon n’est pourtant pas une nouvelle venue. À 29 ans, passée par la Juventus et le PSG, elle vit sa première CAN avec les Black Queens, son parcours en sélection ayant été freiné par les démarches administratives. Là où dans les années 80, ses parents de Kumasi avaient eux-mêmes attendu leuars papiers pour s’installer en France.

« Les supporters ghanéens étaient contents. Ils se disent que même si je suis née et que j’ai grandi en France, je me rappelle d’où mes parents viennent. »

Natifs de la capitale de la région Ashanti, ils ne s’imaginaient pas voir leur fille porter ce maillot. Encore moins devant 20 000 spectateurs à Southampton, face à l’Angleterre, l’ancienne puissance coloniale établie sur la Côte d’Or pendant plus d’un siècle. Une rencontre chargée d’histoire. Simon, elle, retiendra surtout que le Ghana a tenu tête. « On a perdu sur deux erreurs défensives. On était assez fiers de nous. »

Bénédicte Simon au duel avec Aggie Beever-Jones lors du match amical entre l’Angleterre et le Ghana à Southampton le 2 décembre 2025 © Harriet Lander – The FA / The FA via Getty Images

Une première sélection mémorable pour l’ancienne internationale U23 française. C’est en 2024, alors qu’elle évoluait en Italie, que le sélectionneur de l’époque la convainc de représenter le Ghana. Un choix plébiscité. « Beaucoup de joueurs africains jouent pour l’équipe de France ou des équipes européennes. Mais les supporters ghanéens étaient contents. Ils se disent que même si je suis née et que j’ai grandi en France, je me rappelle quand même d’où mes parents viennent. »

« Comme si je venais de réaliser mon rêve de gamine. »

Moins d’un an après sa première sélection, Simon est déjà titulaire indiscutable sur son flanc droit. Le 29 juillet, elle affrontait une autre joueuse née en France, d’une diaspora moins commune. Sylviane Gomes peine à exprimer son bonheur de participer à la première CAN féminine de l’histoire du Cap-Vert. « Je ne saurais pas décrire le sentiment. C’était plus que de la fierté. C’était comme si je venais de réaliser mon rêve de gamine. »

Dans le sillage d’une sélection masculine époustouflante lors du Mondial américain cet été, l’attente est grande dans l’archipel… et elle vient du plus haut sommet de l’État. « Avant de partir, on a été reçues par le président de la République du Cap-Vert. » Une pression que Gomes retourne en motivation. « J’ai l’impression qu’on reçoit le même soutien que les hommes ont reçu. Et ça, c’est incroyable. » 

 « La première fois que j’ai dit que j’étais appelée en sélection par le Cap-Vert, j’ai réussi à faire pleurer mon papa. Pour moi, c’est bien plus que de la fierté. »

Pourtant, les aspirations de l’attaquante de l’OGC Nice n’étaient pas naturellement dirigées vers les Tubarões Azuis, les Requins Bleus en français. Elle l’assume : son rêve était l’équipe de France. « Je suis fan de Kadidiatou Diani depuis petite, je la suis à fond, partout. Plus jeune, j’ai rêvé de jouer en équipe de France. » Mais un début de carrière difficile sur le plan mental l’a conduite à remettre même en question la poursuite de sa carrière. Alors vient le déclic. « Je me suis dit : écoute, si tu n’as pas l’occasion de représenter l’équipe de France, tu es capverdienne aussi, ma grande. »

Une première participation historique pour le Cap-Vert

Elle va donc chercher quelque chose de plus profond, un héritage qui n’attendait qu’à être honoré. « Mon père a quitté le Cap-Vert à 20 ans. Il est passé par le Sénégal, l’Espagne, avant de s’installer en France. La première fois que j’ai dit que j’étais appelée en sélection, j’ai réussi à faire pleurer mon papa. Pour moi, c’est une fierté de représenter nos racines. » L’Azuréenne de 24 ans dispute actuellement la première CAN de l’histoire de son pays, soit un peu plus d’un an après sa première sélection à Rabat justement, un match amical où le Maroc l’emportait 1-0.

Gomes a toujours été l’une des seules issues de la diaspora dans sa sélection. Sans que cela pose problème. « On est un peuple très accueillant. Il y a même un mot qui nous définit : morabeza. » Elle a grandi avec le kriolu, la langue locale dérivée du portugais. Une passerelle naturelle vers ses coéquipières.

Ce détail linguistique a aussi été utile à Bénédicte Simon. Avec les Black Queens, la lingua franca c’est l’anglais, qu’elle maîtrise depuis l’enfance, tout comme le twi qu’elle partage avec certaines compatriotes. À la maison, la transmission par la langue n’est pas un simple échange familial. Ellle permet de se reconnaître parmi les siens, même sans avoir grandi sur la même terre.

Coudon, le choix du Mali comme réparation familiale

Pour Marine Coudon, sa langue maternelle, au sens propre, elle ne la parle pas mais la comprend. Elle a écouté patiemment les échanges dans le foyer depuis toute petite. « Ma mère et ma grand-mère ont toujours parlé bambara devant moi. C’est une langue qui me parle. C’est ce qui me rapprochait beaucoup du Mali. »

Son cheminement, lui, est une histoire de réparation. Pour ses grands-parents, sa mère, les drames familiaux ont créé des ruptures brutales. Il n’y aura pas de retour, c’est trop douloureux. La native de Toulouse, née d’un père français et d’une mère malienne, a toujours vécu sa culture par les récits de ses deux matriarques. 

« C’est un apaisement du cœur, un rapprochement à nos racines, à nous qui sommes au final expatriés. »

C’est donc sur le tard qu’elle se l’approprie. Le début d’une quête identitaire forte pour la défenseuse expérimentée, passée par l’OM et Fleury. « Je suis à un stade de vie où j’ai besoin de savoir qui je suis, d’où je viens. C’est très important de me rapprocher de tout ce qui est ancestral. Le métissage, c’est aussi ces questions-là. On est qui ? Où ? Les premières choses qu’on me dit, ce n’est jamais mon origine réelle. On me demande si je suis marocaine, si je suis algérienne, si je suis des îles. »

« Un apaisement du cœur, un rapprochement à nos racines »

À 34 ans, elle reçoit un appel qu’elle n’espérait pas. Des coéquipières avaient soufflé ses origines maliennes au staff. « Je ne sais pas si c’est un complexe d’infériorité, mais ça ne m’était jamais venu à l’esprit de faire cette démarche moi-même. C’est peut-être pour ça que c’est venu sur le tard. Mais c’est une évidence quand même. »

Les démarches administratives réglées, comme pour Bénédicte Simon, elle est éligible in extremis pour la CAN. Coudon atterrit au Burkina Faso en juin dernier pour son premier rassemblement avec les Aigles Dames. Elle y retrouve onze autres compatriotes ayant grandi en France, dont des visages familiers pour elle comme ceux de Teninsoun Sissoko et Kani Konté. 

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Elle est bien chez elle. « C’est un apaisement du cœur, un rapprochement à nos racines, à nous qui sommes au final expatriés. J’ai l’impression d’apporter du réconfort dans le cœur de ma grand-mère. Je sais que ce que je fais là, ça lui remplit vraiment le cœur. Parce que si ce n’est pas maintenant, c’est jamais. »

La musique plutôt que le sport comme vecteur d’identité

Le Mali n’est plus qu’un lointain souvenir pour la mère et la grand-mère de Coudon. Pourtant, c’est bien ce pays que sa fille a choisi de représenter, comme un passage inévitable après vingt ans de carrière. Une ombre qu’il fallait dissiper.

Pour cultiver cette identité sahélienne, ce n’est pas vers le sport qu’elle s’est tournée, mais vers la musique. Le mbalax de Youssou Ndour, la musique mandingue de Salif Keita, et surtout une voix qui a traversé les frontières et les époques… celle d’Oumou Sangaré, l’incarnation du chant Wassoulou malien. 

« C’est la chanteuse de la famille, c’est notre reine. Par l’origine et par les paroles que ma grand-mère passe son temps à me traduire, ça veut dire énormément. C’est un modèle de beauté, de force, de femme. Une identité en tant que femme. Et encore plus parce qu’elle est malienne. » Sans surprise, c’est elle que la Toulousaine reprend pour défier son bizutage.

« Tout ce qui est compétition, chacune se bat pour son poste »

Une dernière escale à Bamako avant la CAN. Marine Coudon, découvre son pays et n’en croit pas ses yeux, revivant les histoires maternelles comme si elles défilaient devant elle. « C’était exactement comme les souvenirs que me raconte ma grand-mère. J’ai pu voir le marché de Bamako, où mon grand-père lui a fait du charme, où ils sont tombés amoureux. Intérieurement, c’était énorme. » 

Sa mère n’a pas besoin de mots. Tout se lit sur son visage. « C’est des silences, des sourires, de la joie. Mais c’est dans ses yeux que j’ai compris qu’elle m’a dit merci. Elle m’a parlé de mon grand-père en me disant qu’il est très fier. »

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La voilà aujourd’hui à Rabat, en train de vivre son rêve de gosse, et peut-être un rêve inavoué de ses ancêtres. Comme les quatre autres, elle assure qu’il ne s’agit pas de prendre la place de quelqu’un. « Tout ce qui est compétition, chacune se bat pour son poste. » Les polémiques autour de la double nationalité restent pour l’instant du ressort exclusif du football masculin.

Les diasporas dans la continuité de leurs ancêtres

Ces cinq joueuses sont guidées par la même chose : la transmission. Dans le quotidien des foyers d’enfance, les vacances au pays, les souvenirs douloureux aussi. Des rêves enfouis d’un pays lointain que leurs parents ont quitté, et qu’elles honorent aujourd’hui en foulant ces pelouses africaines.

Dans le sillage de l’engouement mondial pour la CAN masculine, notamment porté par les diasporas aussi bien à Paris, New York ou Bruxelles, les footballeuses africaines conquièrent aussi les cœurs des leurs. Mais pour toutes, la conquête a d’abord été personnelle et familiale. Pour leurs parents, l’exil signifiait tourner une page. Pour elles, endosser ce maillot signifie que l’histoire n’est pas finie d’être écrite. 

Les conversations depuis l’enfance en twi, bambara ou kriolu. Une chanson d’Oumou Sangaré. Les vacances à Mohammédia ou Maghnia. Un père qui pleure. Une grand-mère dont les yeux disent merci. À travers le football, aucune ne cherche vraiment à devenir plus africaine ou moins française. Elles donnent simplement une suite à une histoire familiale que l’exil n’avait jamais complètement cloturée.

Julien Helle-Nicholson

Photo © Ghana FA / FEMAFOOT / FCF / FRMF / FAF – Les Vertes

*Donnée collectée par Khalil Moustahlaf

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